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Cartographier l'agriculture : exploitations, surfaces, production

Méthode · version 2 · 15 septembre 2026

Note de conception. Question posée : peut-on représenter sur une carte la production agricole et le nombre de paysans, à partir du recensement agricole communal ?

Réponse courte : oui pour les exploitations et les surfaces, à la commune ; non pour la production, qui n'existe qu'au département ; et « paysans » n'est pas « exploitations ». Trois pièges rendent une carte naïve fausse, et ils se mesurent sur les fichiers réels.


1. Ce que la base contient déjà

objet contenu limite pour une carte
core.agriculture_indicateur 315 valeurs, FAOSTAT national uniquement
geo.contour 101 départements, 18 régions, 7 collectivités aucun contour communal
core.epci, ref.commune intercommunalités (BANATIC), communes COG 2026 pas de géométrie, pas de superficie

Une carte départementale est donc réalisable aujourd'hui. Une carte communale suppose d'abord de charger les contours des communes (§ 6).

2. Où se trouve réellement le recensement agricole communal

Le recensement agricole 2020 publie 56 indicateurs à la commune. Trouver un fichier téléchargeable a demandé d'écarter trois fausses pistes.

data.gouv.fr n'héberge aucun fichier. Le jeu « Agreste — Données communales du recensement agricole » (Licence Ouverte, maj. 3 octobre 2025) ne contient que des liens vers des applications web. Sa seule ressource tabulaire — la liste des indicateurs — renvoie HTTP 400.

Le domaine de l'Agreste a une chaîne TLS incomplète. agreste.agriculture.gouv.fr et stats.agriculture.gouv.fr n'envoient que leur certificat feuille, émis par GEANT TLS RSA 1 (HARICA), sans le certificat intermédiaire. Un navigateur compense en allant le chercher ; curl et le client HTTP de Go refusent la connexion — archive.Fetch échouera. Le correctif n'est pas de désactiver la vérification : c'est d'embarquer l'intermédiaire, publié à l'adresse indiquée dans le certificat lui-même (http://crt.harica.gr/HARICA-GEANT-TLS-R1.cer), et d'étendre le pool de confiance. Vérifié : avec la chaîne complétée, la connexion passe.

Geoclip n'expose pas d'export. La cartographie interactive de l'Agreste est une application RequireJS ; ses données transitent par une API non documentée. Une ingestion qui s'appuierait dessus casserait à la première mise à jour.

La porte qui fonctionne : l'Observatoire des territoires (ANCT). Il republie les indicateurs du recensement avec une API de téléchargement stable :

https://www.observatoire-des-territoires.gouv.fr/outils/cartographie-interactive/api/v1/functions/GC_API_download.php?type=stat&nivgeo=com2025&dataset=agri&indic=exp2020

nivgeo accepte com2025 (communes), epci2025 et epci_ept2025. Deux indicateurs vérifiés le 14 septembre 2026 :

indic contenu communes renseignées total contrôle
exp2020 nombre d'exploitations 34 875 416 409 cohérent avec le résultat national du recensement
sau2020 surface agricole utilisée 33 591 26,88 M ha idem

Réponse en XLSX, deux feuilles (données et métadonnées), géographie communale 2025. Le site de l'Observatoire affiche d'autres indicateurs agricoles — évolution 2010-2020, part de la surface toujours en herbe, part en agriculture biologique — dont les codes se relèvent page par page : les deviner ne marche pas, un code inexistant renvoie HTTP 500.

3. Premier piège : une case vide n'est pas un zéro

Sur les 34 875 communes du fichier exp2020 : 1 284 cellules vides, et pas un seul zéro explicite.

C'est impossible pour un recensement réel — des milliers de communes urbaines n'ont aucune exploitation. Le vide absorbe donc deux situations sans les distinguer :

  • aucune exploitation dans la commune ;
  • secret statistique : aucun résultat n'est publié qui porte sur moins de trois exploitations, ou dont une seule représente 85 % ou plus de la valeur.

Conséquence directe sur la carte : une commune vide ne se colore jamais comme « 0 ». Elle porte une teinte neutre et une légende qui dit « aucune exploitation ou donnée couverte par le secret statistique ». Colorer le vide en zéro ferait apparaître des déserts agricoles là où il y a simplement moins de trois fermes.

4. Deuxième piège : la surface est au siège, pas au champ

La source le documente elle-même : les données sont localisées à la commune du siège de l'exploitation, et une exploitation peut travailler des terres sur plusieurs communes, voire plusieurs départements.

La « SAU d'une commune » est donc la surface des exploitations qui ont leur siège dans cette commune, pas la surface agricole située dans la commune. Une carte communale de sau2020 montre la géographie des sièges d'exploitation. Elle peut attribuer à un bourg les terres de tout un canton, et laisser vides des communes entièrement cultivées.

Ce biais disparaît quand on agrège : il est fort à la commune, faible à l'EPCI, presque nul au département. C'est un argument de plus pour choisir l'échelle avant de choisir la couleur.

Pour l'occupation réelle du sol, la source juste est le Registre parcellaire graphique (IGN) : les parcelles déclarées, géolocalisées au 1:5 000, mises à jour chaque année, sous Licence Ouverte. Mais c'est un autre ordre de grandeur — 9,8 millions d'enregistrements, 17 Go — et il ne recense que les surfaces déclarées pour les aides de la PAC.

Le biais n'a pas pu être chiffré ici : il faudrait la superficie de chaque commune, qui arrivera avec les contours du § 6. Une fois chargés, compter les communes dont la SAU dépasse la superficie donnera sa mesure exacte.

5. Troisième piège : exploitations, paysans, production

Une exploitation n'est pas un paysan. Le nombre d'exploitations ne dit pas combien de personnes y travaillent : une exploitation individuelle compte une personne, un GAEC plusieurs, une grande exploitation des salariés. Le recensement mesure aussi les chefs d'exploitation et les unités de travail annuel, mais ces indicateurs n'ont pas été trouvés exposés à la commune sur l'Observatoire. « Nombre de paysans » doit donc s'afficher pour ce qu'il est — « nombre d'exploitations » — tant que ces séries ne sont pas chargées.

La production n'existe pas à la commune. Le recensement décrit des structures — exploitations, surfaces, cheptel —, pas ce qu'elles produisent. Les quantités produites relèvent de la Statistique agricole annuelle de l'Agreste, qui descend au département et pas plus bas. Une carte de la production est donc départementale par construction, et geo.contour contient déjà les départements.

6. Prérequis d'une carte communale

Les contours. IGN publie Admin Express COG CARTO, sous Licence Ouverte, y compris dans des versions simplifiées pour la visualisation (GeoJSON, TopoJSON, GeoParquet) et une variante qui rapproche les outre-mer de la métropole. C'est la source à charger dans geo.contour, au niveau COMMUNE et EPCI.

Le millésime. Le fichier de l'Observatoire est en géographie communale 2025, ref.commune en 2026. Les communes nouvelles de 2026 n'y ont pas de correspondance directe : la jointure passe par ref.commune_change, et toute commune non rapprochée doit apparaître comme telle, pas disparaître.

Le poids. 34 875 polygones dans un SVG statique : même simplifiés, plusieurs mégaoctets par carte. Une carte nationale communale n'est pas une page, c'est un fichier à charger à la demande — ou elle se remplace par une carte par département, à 350 communes en moyenne.

7. Proposition

Trois niveaux, du plus immédiat au plus coûteux.

niveau ce qu'on montre données contours effort
Département production par filière (SAA) ; exploitations et SAU agrégées SAA à charger ; RA agrégeable déjà en base faible
EPCI exploitations, SAU, évolution 2010-2020 Observatoire, nivgeo=epci2025 à charger (Admin Express) moyen
Commune exploitations Observatoire, nivgeo=com2025 à charger (Admin Express) moyen, et poids des SVG

L'EPCI est probablement la bonne échelle de lecture : le biais du siège y est faible, le secret statistique y mord beaucoup moins qu'à la commune, les intercommunalités sont déjà dans la base avec leurs compétences — et c'est l'échelon où se décident une partie des politiques foncières.

8. Ce que chaque carte doit porter

  1. L'indicateur exact — « nombre d'exploitations », jamais « nombre de paysans ».
  2. La localisation au siège, écrite sous toute carte de surface.
  3. Une teinte et une légende distinctes pour le vide, qui nomment le secret statistique.
  4. Le millésime du recensement (2020) et de la géographie (2025).
  5. La source et son intermédiaire : Agreste, via l'Observatoire des territoires.

Versions

  • Version 2 (15 septembre 2026) : en-tête commun des documents de méthode (perimetre.md § 2.8, D-066).
  • Version 1 (14 septembre 2026) : note de conception de la carte agricole.

Rendu intégralement depuis docs/agriculture-carte-conception.md à la construction du site. Le texte n'est ni résumé ni réécrit : c'est celui que relit un contributeur, et toute modification y est une diff.

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