Ce que l'État a encaissé et décaissé depuis le 1er janvier
2026, tel que la DGFiP le publie chaque mois.
Ces chiffres sont des cumuls, pas des totaux d'année.
« −145,9 Md€ » signifie « de janvier à juillet », et se
compare au même mois de l'année précédente — jamais à une année pleine. Une situation
mensuelle est en outre provisoire et tenue en comptabilité budgétaire
(encaissements et décaissements) : le chiffre définitif de l'exercice, arrêté par la loi de
règlement, sera différent.
201,2 Md€Recettes nettes du budget généralNettes des remboursements et dégrèvements d'impôts.
284,2 Md€Dépenses nettes du budget généralHors prélèvements sur recettes et comptes spéciaux.
Une barre par mois et par exercice : le cumul depuis le 1er janvier.
Les exercices partagent la même échelle et la même origine ; ils se comparent
colonne à colonne, c'est-à-dire au même mois. Les barres descendent parce que le
solde est négatif.
2024 —
−155,9 Md€ au terme de 12 mois2025 —
−124,2 Md€ au terme de 12 mois2026 —
−145,9 Md€ au terme de 7 mois
(exercice en cours)
Où va l'argent, où il passe
Les lignes nommées de la situation mensuelle, cumul au juillet 2026 — ce que le
tableau détaillé plus bas contient déjà, mais qu'il faut dérouler pour trouver.
Les recettes fiscales
Taxe sur la valeur ajoutée61,5 Md€34 %
Autres recettes fiscales43,0 Md€24 %
Impôt sur le revenu40,6 Md€22 %
Impôt sur les sociétés29,2 Md€16 %
Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques8,6 Md€5 %
Les dépenses, par nature
Dépenses de personnel94,3 Md€29 %
Dépenses d’intervention82,6 Md€25 %
Dépenses de fonctionnement47,0 Md€14 %
Charges de la dette de l’Etat44,1 Md€13 %
PSR au profit des collectivités territoriales27,8 Md€8 %
PSR au profit de l'Union européenne16,1 Md€5 %
Dépenses d’investissement14,8 Md€5 %
Dotation des pouvoirs publics1,1 Md€0 %
Dépenses d’opérations financières0,4 Md€0 %
« Autres recettes fiscales » agrège tout ce qui n'est ni la TVA, ni l'IR,
ni l'IS, ni la TICPE : droits de succession, de mutation, taxes diverses — la source ne les
détaille pas plus finement à ce niveau. Les « PSR » (prélèvements sur recettes) sont des
versements directs aux collectivités et à l'Union européenne, comptés en dépense ici bien qu'ils ne
financent aucune politique de l'État lui-même.
Comptabilité nationale · exercice 2025
Le budget de l'État n'est pas le budget public
La comptabilité nationale range les administrations publiques en trois
sous-secteurs, dont la somme fait « l'argent public » :
l'administration centrale — l'État et les organismes qu'il finance
directement (universités, agences, opérateurs) ; son budget est la loi de finances ;
les administrations publiques locales — régions, départements, communes,
intercommunalités ; chacune vote le sien ;
les administrations de sécurité sociale — régimes obligatoires, assurance
chômage, retraites complémentaires, hôpitaux ; leur cadre est la loi de financement de la
Sécurité sociale.
Trois bourses, votées par des assemblées différentes. Dépenses de l'exercice
2025, en comptabilité nationale — un exercice CLOS et définitif, à ne pas
confondre avec le cumul 2026 encore provisoire de la section précédente, ni avec
la comptabilité budgétaire du tableau plus bas.
Administrations de sécurité sociale (S1314)803,5 Md€47 %
Les parts font plus de 100 %, et les dépenses ne s'additionnent pas.
La somme des trois sous-secteurs donne 1 819,8 Md€, soit 105,6 Md€
de plus que le total consolidé : une dotation de l'État à une collectivité, ou un transfert à la
Sécurité sociale, est une dépense pour celui qui verse et finance une dépense de celui qui
reçoit. Le total consolidé ne la compte qu'une fois. Les soldes, eux, s'additionnent
exactement : −152,5 Md€ est bien la somme des trois lignes.
Dépenses et recettes publiques, année par année
Toutes administrations publiques, 1995–2025. L'écart entre les deux barres
d'une même année est le déficit — ou l'excédent, s'il y en avait eu un.
DépensesRecettes
C'est la Sécurité sociale qui dépense le plus, pas l'État.
Le déficit dont parlent les journaux — celui de Maastricht — est le solde de la ligne « toutes
administrations publiques », qui est bien la somme des trois soldes. Le
−145,9 Md€ en tête de cette page ne concerne que l'État, en comptabilité
budgétaire : ni le même périmètre, ni la même règle de comptage.
Depuis quand, exactement
Dépenses de l'administration centrale (S1311) et de la Sécurité sociale (S1314),
1995–2025. La Sécurité sociale dépense plus que l'État
à partir de 2006.
Sécurité sociale (S1314)Administration centrale (S1311)
La Sécurité sociale n'est plus financée par les cotisations seules
Composition du financement de la protection sociale, en 1990 et en
2023. Deux dates plutôt qu'une série : un empilement en pourcentage année par année
devient illisible.
1990
2023
Cotisations des employeursCotisations des assurésRecettes fiscales affectéesRecettes fiscales générales
Ressource
2023
Part 2023
Part 1990
Écart
Cotisations des employeurs
376,6 Md€
38,8 %
52,5 %
−13,7 %
Cotisations des assurés
154,3 Md€
15,9 %
27,4 %
−11,5 %
Recettes fiscales affectées
289,3 Md€
29,8 %
3,5 %
+26,4 %
Recettes fiscales générales
131,2 Md€
13,5 %
14,2 %
−0,6 %
Ce déplacement est le résultat de décisions successives, et ce site
n'en attribue aucune. Une part croissante de recettes fiscales — CSG, fraction de TVA
affectée, compensation des exonérations de cotisations — a remplacé une part des cotisations. Le
mécanisme, texte par texte, est décrit dans
le document de méthode sur les deux budgets,
avec la loi Veil de 1994 sur la compensation intégrale et ce qu'il en reste.
Les prestations, elles, sont sur leur propre page →
Les exonérations de cotisations, et ce qui n'est pas compensé
2,63 Md€ d'exonérations de
cotisations restent officiellement non compensées par l'État en 2026.
C'est une perte de recettes définitive pour la Sécurité sociale, décidée par la loi.
Le mécanisme, en trois temps. L'État exonère les employeurs d'une
partie des cotisations qu'ils doivent à la Sécurité sociale — 78,8 Md€ en
2025, dont 75,5 Md€ d'allégements généraux sur les bas salaires.
La loi du 25 juillet 1994, dite loi Veil, l'oblige à compenser cette perte ;
il le fait pour l'essentiel en affectant à la Sécurité sociale une fraction de la TVA —
27,36 % en 2026. Une loi de financement peut déroger à la compensation, et
c'est ainsi que la part non compensée existe légalement.
Allégements généraux —
70,6 Md€ (96,1 %)Mesures en faveur de zones particulières —
1,1 Md€ (1,5 %)Mesures en faveur de secteurs particuliers —
1,0 Md€ (1,4 %)Mesures en faveur de contrats particuliers —
0,7 Md€ (1,0 %)Autres mesures —
0,0 Md€ (0,0 %)
Trois parties de ce schéma sont en largeurs proportionnelles, à la même
échelle : la bande des cotisations effectivement versées, le faisceau des
exonérations, et la compensation qui leur répond, entre Employeurs, Sécurité sociale et État. Les
deux premières viennent de la même source (URSSAF), du même champ (entreprises) et de la même
année — 2022, la seule où les deux montants existent, pas 2025
citée plus haut. Le faisceau des exonérations se détaille lui-même en quatre catégories, qui se
somment exactement à 73,5 Md€. La compensation, elle, vient du jaune
budgétaire annexé au PLF 2024 (exécution 2022) — voir ci-dessous. Le manque non
compensé, lui, reste une flèche simple : aucune source ne publie son montant pour
2022, et lui donner une largeur inventerait un chiffre. Chaque montant
écrit porte sa propre source et sa propre année.
301,3 Md€ versés par les entreprises contre
73,5 Md€ exonérés la même année : les entreprises ont versé
4,1 fois ce qu'elles ont été exonérées. C'est le chiffre le plus précis que
la base puisse donner, mais il s'arrête en 2022 : l'URSSAF n'a plus
mis à jour ses encaissements depuis juillet 2023, et le niveau géographique le plus fin qu'elle
publie pour ce montant est la région (par caisse URSSAF), jamais le département.
La compensation (57,0 Md€ + 7,7 Md€ =
64,7 Md€, 2022) vient d'un
document distinct de l'URSSAF : le jaune budgétaire annexé au PLF 2024, qui rapporte sur
l'exercice 2022 — la TVA nette affectée (annexe 1) compense les allégements
généraux, les exonérations ciblées compensées par crédits budgétaires (tableau 16) le reste.
Et pour une année plus récente ?
Pour 2025, la base ne connaît que les exonérations
(78,8 Md€), pas ce que les entreprises versent effectivement : aucune source
récente ne publie ce second montant au même champ. La seule approximation disponible vient d'une
autre source (ESSPROS, Eurostat), sur un périmètre plus large — assurance chômage et retraites
complémentaires comprises, que la Sécurité sociale au sens strict ne couvre pas — et d'un chiffre de
non-compensation qui, lui, ne date que du dernier budget connu (2026). Les lignes
ci-dessous ne se mélangent donc pas entre elles : chaque barre porte sa propre source, son
propre champ et sa propre année.
Cotisations versées par les entreprisesURSSAF, encaissements 2022 — même source et même champ que les exonérations ci-dessous301,3 Md€
Cotisations versées (employeurs + assurés, tous régimes)ESSPROS/Eurostat, 2023 — champ protection sociale, plus large et plus récent531,0 Md€
Exonérations décidées par l'ÉtatURSSAF, 2025 — champ secteur privé78,8 Md€
dont non compenséjaune budgétaire, 20262,6 Md€
C'est un ordre de grandeur, pas une proportion exacte : au moins deux
sources et deux années coexistent forcément dans cette comparaison-là, contrairement au schéma
ci-dessus.
Les exonérations, année par année
Montant total des mesures d'exonération de cotisations, secteur privé, France entière,
2004–2025. De 19,0 Md€ à 78,8 Md€.
Source : URSSAF, exonérations par mesure. Ces montants ne sont pas des
pertes : dans leur immense majorité ils sont compensés. La part non compensée,
2,63 Md€ en 2026, vient du jaune budgétaire « Bilan des relations
financières entre l'État et la protection sociale » — elle n'est pas dans la base, et ce site
ne la recalcule pas.
La même série, par catégorie
Le même total, 2004–2025, décomposé en catégories empilées —
mêmes teintes que le faisceau du schéma ci-dessus.
Allégements générauxMesures en faveur de zones particulièresMesures en faveur de secteurs particuliersMesures en faveur de contrats particuliers
Les allégements généraux dominent la série sur toute sa longueur : ce n'est pas
un effet d'une seule année récente.
Les exonérations, rapportées à ce que les entreprises versent
Exonérations sur la masse salariale du secteur privé (URSSAF, même champ), en % : 2004–2025. De 4,7 % à
10,6 %.
Contrairement au montant en euros courants ci-dessus, ce ratio est insensible
à l'inflation : les deux séries viennent de la même source, sur le même champ, et
grossissent ensemble avec les prix — le rapport des deux ne le fait pas. Le doublement de ce taux
dit quelque chose que la courbe en euros ne peut pas dire à elle seule.
Les dispositifs, dans le temps
Chaque ligne est un dispositif d'exonération tel que l'URSSAF le nomme — le nom porte
souvent lui-même la loi ou le plan dont il vient. La présidence indiquée est un
repère chronologique, comme sur les fiches de ministres : elle situe le
dispositif dans le temps, elle n'impute sa décision à personne — une mesure est votée par le
Parlement, pas décrétée par un président.
Aucun texte de loi n'est cité ligne à ligne. La base ne relie
pas ces dispositifs à un numéro de loi, un article ou un auteur parlementaire : le rattachement
demanderait un travail éditorial de recherche, dispositif par dispositif, qui n'a pas été fait.
Ce que la source permet d'affirmer sans ambiguïté, c'est le nom du dispositif et son montant par
année ; le reste appelle une vérification externe.
Le détail publié
Toutes les lignes de la situation au juillet 2026, dans l'ordre de la source, avec le
même mois de l'exercice précédent. Les lignes sont hiérarchisées : ne les additionnez
pas, un total et ses composantes figurent côte à côte.
Catégorie
Ligne
2026
2025
Écart
Dépenses · Budget général
Total dépenses nettes du budget général
284,2 Md€
271,8 Md€
+4,6 %
Dépenses · Budget général
Charges de la dette de l’Etat
44,1 Md€
35,7 Md€
+23,6 %
Dépenses · Budget général
Dépenses de fonctionnement
47,0 Md€
45,5 Md€
+3,2 %
Dépenses · Budget général
Dépenses de personnel
94,3 Md€
92,0 Md€
+2,5 %
Dépenses · Budget général
Dépenses d’intervention
82,6 Md€
83,2 Md€
−0,8 %
Dépenses · Budget général
Dépenses d’investissement
14,8 Md€
13,2 Md€
+12,0 %
Dépenses · Budget général
Dépenses d’opérations financières
0,4 Md€
1,1 Md€
−65,2 %
Dépenses · Budget général
Dotation des pouvoirs publics
1,1 Md€
1,1 Md€
+0,2 %
Dépenses · Prélèvements sur recettes
Total prélèvements sur recettes
43,9 Md€
41,2 Md€
+6,4 %
Dépenses · Prélèvements sur recettes
PSR au profit de l'Union européenne
16,1 Md€
13,1 Md€
+22,9 %
Dépenses · Prélèvements sur recettes
PSR au profit des collectivités territoriales
27,8 Md€
28,1 Md€
−1,3 %
Dépenses · Remboursements et dégrèvements
Remboursements et dégrèvements d'impôts d'Etat
95,4 Md€
93,0 Md€
+2,6 %
Dépenses · Remboursements et dégrèvements
Remboursements et dégrèvements d'impôts locaux
2,4 Md€
2,5 Md€
−7,3 %
Recettes · Budget général
Fonds de concours et attribution de produits
3,5 Md€
5,0 Md€
−30,0 %
Recettes · Budget général
Total recettes nettes du budget général
201,2 Md€
193,1 Md€
+4,2 %
Recettes · Budget général
Total recettes fiscales
182,9 Md€
176,9 Md€
+3,4 %
Recettes · Budget général
Total recettes non fiscales
18,3 Md€
16,2 Md€
+13,0 %
Recettes · Budget général
Autres recettes fiscales
43,0 Md€
40,6 Md€
+6,1 %
Recettes · Budget général
Impôt sur le revenu
40,6 Md€
39,5 Md€
+2,6 %
Recettes · Budget général
Impôt sur les sociétés
29,2 Md€
28,6 Md€
+1,9 %
Recettes · Budget général
Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques
8,6 Md€
9,2 Md€
−5,7 %
Recettes · Budget général
Taxe sur la valeur ajoutée
61,5 Md€
59,1 Md€
+4,1 %
Solde budgétaire · Solde budgétaire
Solde budgétaire
−145,9 Md€
−142,0 Md€
−2,7 %
Soldes · Budgets annexes
Solde des Budgets annexes
0,0 Md€
—
—
Soldes · Comptes spéciaux
Solde des comptes spéciaux
−22,5 Md€
−27,1 Md€
+17,0 %
Soldes · Comptes spéciaux
CCF Avances aux collectivités territoriales
−24,2 Md€
−23,2 Md€
−4,0 %
Source : DGFiP, situations mensuelles budgétaires de l'État. Montants en euros
courants ; aucun déflateur n'est en base, voir
la note sur les comparaisons dans le temps.
Le solde budgétaire n'est pas le déficit public. Le déficit au
sens de Maastricht couvre toutes les administrations publiques — État, collectivités, Sécurité
sociale — en comptabilité nationale. Celui-ci ne couvre que l'État, en comptabilité budgétaire.
Les deux nombres sont différents et ne se remplacent pas.
Aucun écart n'est attribué à une décision. Une recette qui
baisse peut venir d'une baisse d'impôt votée, d'une activité économique moindre, d'un calendrier
d'encaissement, ou d'un changement de périmètre. Les quatre se ressemblent dans le tableau.
Les montants sont en euros courants. Comparer 2024 et 2026 sans
déflateur mélange l'évolution des montants et celle des prix.