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L'Éducation nationale : budget, effectifs, organisation
Que coûte l'enseignement scolaire, combien de personnes y travaillent par établissement, et comment l'autorité et la rémunération des enseignants sont-elles organisées ? Le budget s'appuie sur la table du projet de loi de finances partagée avec les dossiers défense et police.
2 textes de cadre · 1 constat d'institutions de contrôle, chacun relu dans sa source.
Contexte
Dans les comptes rendus de séance de l'Assemblée nationale chargés (du 18 juillet 2024 au 27 octobre 2026), les interventions qui emploient les mots du dossier :
Interventions en séance publique de l'Assemblée nationale qui emploient ces mots. Une mention ne dit pas la position de l'orateur.
Enjeux
- 2025
La baisse du nombre d'élèves s'accélère
Le rapport relève que la diminution du nombre de collégiens, limitée à 18 000 par an pendant deux rentrées, va s'accentuer très fortement.
officiel Sénat, commission de la culture (avis sur la mission « Enseignement scolaire », PLF 2026) · source
Cadre
- 2019
La loi pour une école de la confiance
Son article 11 rend l'instruction obligatoire dès trois ans et jusqu'à seize ans.
officiel Parlement (loi n° 2019-791) · source
- 2024
L'accompagnement des élèves handicapés pendant la pause méridienne pris en charge par l'État
L'État prend en charge l'accompagnement humain des élèves en situation de handicap durant le temps de pause méridienne.
officiel Parlement (loi n° 2024-475) · source
4. L'autorité du chef d'établissement sur les enseignants
Le Code de l'éducation (articles D. 422-5 à D. 422-11) dit précisément ceci : le chef d'établissement (principal, proviseur) « représente l'État au sein de l'établissement » et « a autorité sur l'ensemble des personnels affectés ou mis à disposition » (art. D. 422-5, D. 422-7) — une autorité large, sur tous les personnels sans distinction de statut dans le texte lui-même.
Dans la pratique et selon l'interprétation qu'en font l'administration et les organisations syndicales, cette autorité est qualifiée de « fonctionnelle » plutôt que de « hiérarchique » pour les enseignants : le chef d'établissement organise leur service au sein de l'établissement, mais les actes qui déterminent une carrière — recrutement, évaluation disciplinaire, notation, mutation — restent du ressort du recteur d'académie, via le corps d'inspection (IA-IPR). Cette distinction fonctionnel/hiérarchique n'est pas un terme que le Code de l'éducation emploie explicitement dans les articles cités ; elle est l'interprétation dominante qu'en tirent l'administration et les représentants du personnel, pas une citation littérale de la loi — cette note le signale précisément pour ne pas citer comme disposition légale ce qui est une lecture établie mais non textuelle.
5. Le versement du traitement sur douze mois
Il n'existe pas de dispositif où un enseignant serait payé pour dix mois de service puis « réparti » sur douze. Comme tout fonctionnaire, un enseignant titulaire perçoit un traitement annuel, versé en douze mensualités égales, en application du principe du service fait — le même mécanisme de mensualisation que pour n'importe quel agent public, enseignant ou non. Le salaire continue d'être versé en juillet et en août, sans interruption ni rattrapage.
Un écart de rémunération d'une autre nature existe : d'autres agents de même grade perçoivent davantage de primes et d'indemnités que les enseignants. Il n'a rien à voir avec un calendrier de versement. Cette note ne peut pas chiffrer précisément cet écart de primes faute d'une source ouverte dédiée au moment de l'écriture ; elle se limite à décrire le mécanisme de versement, qui est vérifiable dans les règles générales de la fonction publique.
Contrôles et évaluations
- 2025
63,02 Md€ pour l'enseignement scolaire en 2026, après 12,13 Md€ de hausse depuis 2019
Hors pensions, les crédits de paiement des cinq programmes du ministère s'élèvent à 63,02 Md€ pour 2026, un budget stable après une hausse de 12,13 Md€ depuis 2019 (crédits votés, pas exécutés).
officiel Sénat, commission de la culture (avis sur la mission « Enseignement scolaire », PLF 2026) · source
Situation chiffrée
1. Le budget : 87 à 88 Md€, et neuf euros sur dix pour du personnel
Mission Enseignement scolaire, PLF, six programmes chargés intégralement :
| Programme | 2024 (Md€) | 2025 (Md€) |
|---|---|---|
| Enseignement scolaire public du second degré | 38,42 | 39,52 |
| Enseignement scolaire public du premier degré | 26,84 | 27,49 |
| Enseignement privé du premier et du second degrés | 9,04 | 8,94 |
| Vie de l'élève | 7,94 | 8,15 |
| Soutien de la politique de l'éducation nationale | 2,89 | 2,98 |
| Enseignement technique agricole | 1,70 | 1,73 |
| Mission (total) | 86,83 | 88,81 |
93 % de ce budget est du personnel (titre 2 : 80,67 Md€ sur 86,83 Md€ en 2024, 83,30 sur 88,81 en 2025) — une proportion encore plus extrême que celle déjà relevée pour la police nationale (87 %, Le budget de la police nationale, et ce qu'il ne dit pas sur la délinquance § 2.1). Ce sont des crédits de paiement (CP) votés au PROJET de loi de finances, pas la loi de finances initiale adoptée ni l'exécution — même piège voté/exécuté que Budget de l'État et budget de la Sécurité sociale : ce que les sources permettent § 2.
2. Les effectifs par établissement : Depp, granularité fine
Source : Depp, deux jeux distincts et asymétriques — le premier degré publie les rentrées 2024 et 2025, le second degré seulement 2024 au moment de l'écriture (le second degré publie aussi 2025 depuis, relevé le 28 octobre 2026 : 355 375 ETP dans le public, 85 740 dans le privé ; son 2024 public est passé de 355 632 à 355 768 avec une ligne de plus dans l'export. Le tableau ci-dessous et ce qui en est dérivé n'ont pas été recalculés) :
| Premier degré (ETP enseignants) | Second degré (ETP enseignants) | |
|---|---|---|
| Public, 2024 | 279 173 | 355 632 |
| Privé, 2024 | 37 714 | 85 821 |
| Public, 2025 | 277 148 | — |
| Privé, 2025 | 37 543 | — |
Le premier degré recule légèrement d'une rentrée à l'autre (279 173 →
277 148 ETP dans le public, −0,73 %). Les effectifs d'élèves reculent plus
vite que les ETP enseignants, pas au même rythme : dans le public,
5 462 329 → 5 365 524 élèves, soit −1,77 %, plus du double de la baisse d'ETP.
Le nombre d'élèves par enseignant en résulte légèrement à la baisse (19,57 →
19,36) — la réduction du nombre de postes ne suit donc pas mécaniquement la
démographie scolaire, elle est deux fois moins rapide qu'elle (Depp,
fr-en-ecoles-effectifs-nb_classes, premier degré seulement). Le même
mouvement, de moindre ampleur, s'observe dans le privé sous contrat
(862 368 → 851 294 élèves, −1,28 %, contre −0,45 % d'ETP).
3. Le coût de structure : ce que le personnel hors enseignement révèle — et ce qu'il cache
Le second degré publie, par établissement, l'ETP total, l'ETP enseignant et
l'ETP « personnels de vie scolaire ». Le résidu (etp_total − etp_enseignants − etp_vie_scolaire) approxime le personnel de direction, administratif et
technique — ni devant les élèves, ni dans les établissements pour l'encadrement
de la vie scolaire (assistants d'éducation notamment) :
| Secteur | ETP total | ETP enseignants | ETP vie scolaire | ETP « autre » | Part hors enseignement |
|---|---|---|---|---|---|
| Public | 487 281 | 355 632 | 59 807 | 71 841 | 27,0 % |
| Privé sous contrat | 86 410 | 85 821 | ~0 | 589 | 0,7 % |
Cet écart (27,0 % contre 0,7 %) ne mesure pas une différence d'efficacité entre public et privé — il mesure une différence de PÉRIMÈTRE de ce que l'État paie. Dans le privé sous contrat, l'État ne rémunère que les enseignants (contrat d'association) ; le personnel de direction, administratif et technique est employé et payé directement par l'établissement ou l'organisme de gestion (OGEC), et n'apparaît donc pas dans ce jeu de données Depp, qui ne compte que les emplois payés par l'État. Présenter ce tableau comme « le privé a 27 points de coût de structure en moins » serait faux : c'est 27 points de personnel non comptés dans cette source, pas 27 points de personnel absents. Le seul fait solide que ce tableau établit est le périmètre budgétaire de l'État : dans le public, 27 % des emplois d'État en établissement du second degré ne sont ni des enseignants ni de la vie scolaire.
Un second signal, plus directement comparable : la proportion d'enseignants non titulaires est plus élevée dans le privé (19,5 % en moyenne par établissement) que dans le public (8,5 %) — une mesure qui, elle, porte sur la même catégorie de personnel (les enseignants payés par l'État) dans les deux secteurs, donc réellement comparable.
Le résidu « ETP autre » enfin décomposé, à l'échelle nationale : le tableau ci-dessus vient d'un jeu par établissement (second degré public seulement) ; la Depp publie séparément, dans son Panorama statistique des personnels de l'enseignement scolaire, la décomposition précise, par catégorie, de tous les personnels non enseignants du secteur public — tous degrés confondus, à l'échelle nationale (rentrée 2024, un document trouvé et vérifié directement, pas déduit du seul résidu par établissement — les deux sources ne portent pas exactement le même périmètre, jamais additionnées entre elles) :
| Catégorie | Effectifs | ETP |
|---|---|---|
| Encadrement (direction, inspection, encadrement supérieur) | 18 563 | 18 530 |
| — dont personnels de direction | 13 633 | 13 610 |
| — dont personnels d'inspection | 3 508 | 3 501 |
| — dont encadrement supérieur (recteurs, IGESR, DASEN...) | 1 422 | 1 420 |
| Vie scolaire (éducation + assistance éducative) | 220 303 | 157 382 |
| — dont conseillers principaux d'éducation (CPE) | 11 986 | 11 677 |
| — dont psychologues de l'Éducation nationale, conseillers d'orientation | 6 657 | 6 374 |
| — dont personnels d'éducation non titulaires | 4 060 | 3 867 |
| — dont AESH (accompagnants d'élèves en situation de handicap) | 134 775 | 85 326 |
| — dont AED (assistants d'éducation) | 62 825 | 50 138 |
| Administratifs, sociaux et de santé (ASS) | 65 169 | 62 626 |
| — dont filière administrative | 51 882 | 50 340 |
| — dont filière santé et sociale | 13 151 | 12 151 |
| — dont filière technique | 136 | 135 |
| ITRF (ingénieurs et personnels techniques de recherche et formation) | 11 558 | 11 131 |
| Total personnels non enseignants | 315 593 | 249 670 |
Les AESH, à eux seuls, dépassent l'ensemble des personnels d'encadrement (134 775 contre 18 563) et représentent 43 % de tous les personnels non enseignants — la catégorie qui a le plus grossi depuis 2020 (+17 % d'effectifs, +19 % en ETP, portée par la bascule des anciens contrats aidés vers le contrat d'AESH). L'écart effectif/ETP est le signal d'un temps de travail incomplet, pas d'un doublon de comptage : un AESH travaille en moyenne à 63 % d'un temps plein (le métier suit le temps de scolarisation des élèves accompagnés), ce qui ramène leurs 134 775 effectifs à 85 326 ETP — l'écart le plus large de toutes les catégories de ce tableau, à ne jamais lire comme une anomalie.
8. La dépense par élève depuis 1980 : une hausse réelle, mais qui a calé dans les années 2010
Depp, RERS Interactif, tableau 10.05 (édition 2026, euros constants 2024) — une série annuelle complète, pas seulement les points de repère cités jusqu'ici : trouvée en rejouant le trafic réseau de l'application JavaScript RERS Interactif (chaque tableau y est servi en CSV à une adresse prévisible mais non documentée ni liée depuis les pages du site), pas en devinant un format d'export.
| Année | Premier degré | Second degré | Supérieur | Ensemble |
|---|---|---|---|---|
| 1980 | 3 810 € | 6 910 € | 9 840 € | 5 520 € |
| 1990 | 4 770 € | 8 310 € | 10 860 € | 6 920 € |
| 2000 | 6 570 € | 10 930 € | 12 580 € | 9 220 € |
| 2010 | 6 970 € | 11 910 € | 14 320 € | 10 040 € |
| 2020 | 7 870 € | 11 090 € | 13 080 € | 10 040 € |
| 2024p | 9 080 € | 11 660 € | 13 300 € | 10 920 € |
La dépense par élève a quasiment doublé en 44 ans (5 520 € à 10 920 €, +98 % en euros constants) — mais pas régulièrement : elle stagne exactement entre 2010 et 2020 (10 040 € les deux années, colonne « Ensemble »), avant de repartir nettement à la hausse depuis (+8,8 % en quatre ans, 2020-2024). Le premier degré, historiquement le moins bien doté, est le niveau qui progresse le plus sur l'ensemble de la période (+138 % depuis 1980, contre +69 % pour le second degré et +35 % pour le supérieur) : l'écart entre niveaux se resserre sans se refermer — un élève du supérieur coûte encore 46 % de plus qu'un élève du premier degré en 2024, contre 158 % de plus en 1980. 2024 porte la mention « p » (provisoire) dans la source elle-même, reprise telle quelle ici.
9. Les effectifs d'élèves, en miroir : le premier degré au plus bas depuis 1960, le second degré encore porté par les classes d'âge précédentes
Depp, RERS Interactif, tableaux 3.01 (premier degré, depuis 1960) et 4.01 (second degré, depuis 1994) — en milliers d'élèves, secteurs public et privé sous contrat réunis. Piège vérifié avant chargement : le tableau 3.01 publie déjà en milliers, le tableau 4.01 en effectifs bruts (3 359 928 pour le collège en 2025, confirmé par le texte du tableau lui-même : « 3 360 000 élèves étudient au collège ») — une différence d'échelle entre les deux sources RERS, corrigée au chargement (division par 1 000 du second degré seulement), sans quoi toute comparaison premier/second degré aurait été faussée d'un facteur 1 000.
| Année | Premier degré (total) | Second degré (total) |
|---|---|---|
| 1960 | 6 290 | n.d. |
| 1980 | 6 994 | n.d. |
| 1994 | 6 478 | 5 774 |
| 2010 | 6 604 | 5 322 |
| 2017 | 6 693 | 5 603 |
| 2025 | 6 096 | 5 621 |
Le premier degré retombe, à la rentrée 2025, sous son niveau de 1960 (6 096 000 contre 6 290 000) — un minimum depuis le début de la série, après un pic à 7 195 800 en 1974 (la génération du baby-boom, succédant au creux des naissances de la guerre). Le second degré suit la trajectoire inverse sur la période récente : en baisse jusqu'en 2010 (5 322 000, un creux), puis en hausse depuis (5 621 000 en 2025). Les deux courbes montrent le même mouvement démographique, vu à deux endroits du système scolaire, décalé d'une dizaine d'années : les classes qui ont fait grossir le second degré depuis 2010 sont celles dont le recul se lit aujourd'hui dans le premier degré — cohérent avec la baisse des naissances déjà relevée au § 2 pour expliquer le recul des ETP enseignants du premier degré.
Deux années portent deux valeurs différentes dans la source elle-même (1999 et 2011,
premier degré) — une rupture de série dans RERS Interactif, ni expliquée dans le texte du
tableau ni corrigée ici : seule la valeur qui prolonge la série vers l'année suivante est
retenue, l'autre écartée (voir internal/education/effectifs_historique.go).
10. Le taux de réussite au baccalauréat (INSEE), 2011-2024
INSEE, série BDM 001769473 (« Tous baccalauréats — Taux de réussite — France », republication d'une mesure Depp) — demandée nommément à cette source plutôt qu'à RERS, qui publie pourtant le même indicateur sur une période plus longue (depuis 1980) et sans trou (tableau 8.02) :
| Année | Taux de réussite |
|---|---|
| 2011 | 85,7 % |
| 2015 | 87,9 % |
| 2019 | 88,0 % |
| 2020 | 95,0 % |
| 2021 | 93,7 % |
| 2024 | 91,2 % |
Deux années manquent dans cette série INSEE (2022 et 2023) — une vraie lacune de cette republication, vérifiée directement sur la réponse de l'API SDMX, pas un filtre de ce chargement. Le pic de 2020-2021 (95,0 % puis 93,7 %, contre 88,0 % en 2019 et 91,2 % en 2024) correspond aux deux sessions organisées en contrôle continu intégral pendant la pandémie de Covid-19 — une rupture de méthode d'évaluation, pas une amélioration du niveau des candidats, à ne jamais lire comme une tendance.
7. La France en comparaison européenne : taille des classes, résultats PISA
La taille des classes : Eurostat publiait une série comparable
(educ_iste), mais elle s'est arrêtée en 2012 — dernière valeur française
disponible, 22,7 élèves par classe dans le premier degré, un chiffre
aujourd'hui trop ancien pour une comparaison actuelle. La source la plus
récente est l'OCDE, Regards sur l'éducation 2025 (données 2023, note
pays France) : la France compte environ 21,6 à 22 élèves par classe dans
le premier degré, contre une moyenne OCDE de 20,6 — une classe française
de primaire compte donc, en moyenne, un élève de plus qu'ailleurs dans
l'OCDE. Dans le secondaire privé, la moyenne monte jusqu'à 27, ce qu'une
moyenne nationale unique masquerait si elle confondait public et privé.
Ces deux chiffres sont cités avec leur source précise, pas chargés comme
une série requêtable : ni Eurostat (série arrêtée) ni l'OCDE (publication
en rapport et notes pays, pas de jeu de données ouvert structuré identifié
pour cet indicateur) ne permettent une table vérifiable ligne à ligne.
Les résultats PISA 2022 (OCDE, Résultats du PISA 2022, volume I, tableau I.1) : la France obtient 474 points en mathématiques, 474 en compréhension de l'écrit et 487 en sciences, à comparer aux moyennes OCDE de 472, 476 et 485 — une France proche de la moyenne dans les trois domaines, légèrement au-dessus en mathématiques et en sciences, légèrement en dessous en compréhension de l'écrit. Une nuance que le niveau 2022 seul ne montre pas : la baisse par rapport à 2018 a été plus marquée en France que dans le reste de l'OCDE — mathématiques −21 points (OCDE −15), compréhension de l'écrit −19 points (OCDE −10), sciences −6 points (OCDE −2). Être dans la moyenne en niveau et avoir décroché plus vite que la moyenne sont deux faits distincts, tous deux réels, qu'il ne faut pas résumer par un seul qualificatif.
Un lien entre taille de classe et résultats scolaires n'est pas établi par l'OCDE elle-même : dans son propre commentaire de ces données, l'OCDE relève que la Finlande (classes parmi les plus petites) et la Corée du Sud (classes parmi les plus grandes, plus de 34 élèves) figurent toutes deux parmi les pays les mieux classés à PISA, et avance que la qualité et la rémunération des enseignants pèsent davantage que l'effectif par classe. Ce dossier ne prétend donc pas relier les deux chiffres ci-dessus par une causalité que la source elle-même ne retient pas.
Deux pièges de comparabilité, réels : la définition d'une « classe » n'est pas harmonisée d'un pays à l'autre (groupe-classe fixe ou groupe pédagogique variable selon les enseignements) ; et PISA teste des jeunes de 15 ans indépendamment de leur niveau scolaire — le redoublement, plus fréquent en France que dans la moyenne OCDE, modifie la composition d'âge des classes sans que les statistiques de taille de classe par niveau scolaire (fondées sur l'année d'étude, pas sur l'âge) le reflètent de la même manière.
Ce que les données ne disent pas
La dépense par élève et les effectifs sur longue période sont désormais chargés (§ 8-9) — pas via un jeu de données ouvert classique (aucun n'a été trouvé), mais en rejouant le trafic réseau de RERS Interactif, qui sert chaque tableau en CSV à une adresse non documentée. Restent non chargés : le détail académie par académie de ces deux séries, la décomposition de la dépense par activité (enseignement/administration/annexe, tableau 10.05 figure 4) au-delà de la seule année 2023, et le taux de réussite au baccalauréat avant 2011 côté INSEE (RERS le publie depuis 1980, mais la source demandée ici est spécifiquement l'INSEE, § 10). Les effectifs d'AESH, longtemps cités seulement via un ordre de grandeur de la Cour des comptes, sont désormais chargés par catégorie précise (§ 3). La comparaison européenne du § 7 repose sur des citations sourcées précisément, pas sur des séries chargées en base : voir ce paragraphe pour le détail de cette limite.
Sources
- Direction du budget, PLF — dépenses par mission, programme et action, data.economie.gouv.fr, éditions 2024 et 2025.
- Depp (Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance), Les personnels dans les établissements du premier degré et du second degré, data.education.gouv.fr.
- Depp, Effectifs et nombre de classes des écoles publiques et privées
(
fr-en-ecoles-effectifs-nb_classes), data.education.gouv.fr. - Depp, Panorama statistique des personnels de l'enseignement scolaire 2024-2025, education.gouv.fr (§ 3 : personnels non enseignants par catégorie précise, dont AESH).
- Légifrance, Code de l'éducation, articles D. 422-5 à D. 422-11.
- Cour des comptes, rapport sur les AESH, septembre 2024 (ordre de grandeur cité § 6, non chargé en base — recoupé par le Panorama Depp du § 3, 85 326 ETP contre 86 502 ETP cités par la Cour, deux sources distinctes du même ordre de grandeur).
- Eurostat,
educ_iste(taille des classes, série arrêtée en 2012, citation § 7). - OCDE, Regards sur l'éducation 2025, note pays France (taille des classes, citation § 7).
- OCDE, Résultats du PISA 2022, volume I, tableau I.1 (citation § 7).
- Depp, RERS Interactif (rers.depp.education.fr), tableaux 10.05 (§ 8) et 3.01/4.01 (§ 9) — licence non affichée sur le site (pages « conditions » et « mentions légales » vérifiées, aucun texte de licence trouvé), présumée Licence Ouverte v2.0 par défaut (publication d'un service public), à confirmer avant tout usage commercial.
- INSEE, série BDM 001769473, taux de réussite au baccalauréat (§ 10).
- Budget de l'État et budget de la Sécurité sociale : ce que les sources permettent, pour le piège voté/exécuté.
Annexe technique
6. Ce qui est chargé
| # | Source | Volume |
|---|---|---|
| 1 | Direction du budget, PLF, mission Enseignement scolaire | 6 programmes, 2024-2025 (table partagée, voir § 1) |
| 2 | Depp, personnels des établissements du premier degré | 94 584 lignes, 2024-2025 |
| 3 | Depp, personnels des établissements du second degré | 10 697 lignes, 2024 (10 698 par rentrée, 2024 et 2025, au 28 octobre 2026) |
| 4 | Depp, effectifs d'élèves des écoles (premier degré) | 35 lignes, agrégat national par secteur, 2009-2025 |
| 5 | Depp, Panorama — personnels non enseignants par catégorie (dont AESH) | 18 lignes, national, rentrée 2024 |
| 6 | Depp, RERS 10.05, dépense par élève et par étudiant | 180 lignes, 4 niveaux × 1980-2024 (§ 8) |
| 7 | Depp, RERS 3.01 + 4.01, effectifs d'élèves | 228 lignes, 1er degré 1960-2025 + 2nd degré 1994-2025 (§ 9) |
| 8 | INSEE, série BDM 001769473, réussite au baccalauréat | 12 années, 2011-2024 avec trou 2022-2023 (§ 10) |
Non chargé, et pourquoi :
- Le détail académie par académie de la dépense par élève et des effectifs longue période (§ 8-9) : RERS Interactif ne publie ces deux tableaux qu'au niveau national.
- La décomposition de la dépense par élève par activité (enseignement, administration générale, activités annexes — RERS 10.05 figure 4) : une seule année (2023) publiée dans cette figure, pas une série ; non chargée, citée au besoin directement depuis la source si utile.
- Le taux de réussite au baccalauréat avant 2011, côté INSEE spécifiquement (§ 10) : la série BDM demandée ne remonte pas plus loin. RERS publie le même indicateur depuis 1980 (tableau 8.02), non chargé ici puisque la source demandée pour cet indicateur est l'INSEE, pas RERS.
Versions
- Version 7 (5 octobre 2026) : trois séries longues ajoutées — la dépense par élève 1980-2024 (§ 8) et les effectifs d'élèves 1960-2025 (§ 9), toutes deux trouvées sur RERS Interactif (rers.depp.education.fr) en rejouant le trafic réseau de son application JavaScript (chromium headless, capture réseau) plutôt qu'en se limitant aux chapitres PDF déjà cités — chaque tableau RERS s'y sert en réalité en CSV, à une adresse prévisible mais non documentée ni liée depuis les pages HTML du site ; et le taux de réussite au baccalauréat 2011-2024 (§ 10), demandé nommément à l'INSEE plutôt qu'à RERS (qui publie le même indicateur depuis 1980, sans le trou 2022-2023 que porte la série INSEE). Referme deux des trois lacunes listées dans « Non chargé, et pourquoi » depuis la version 1 (dépense par élève, effectifs du second degré).
- Version 6 (20 septembre 2026) : les personnels non enseignants, enfin identifiés par catégorie précise (§ 3) — direction, inspection, encadrement supérieur, CPE, psychologues de l'Éducation nationale, AESH, AED, filières administrative/santé-sociale/technique, ITRF. Source trouvée et vérifiée directement (le Panorama statistique des personnels de l'enseignement scolaire de la Depp, un PDF sans export CSV/XLSX atteignable automatiquement), extraite par repérage positionnel des tableaux plutôt que par un lecteur de tableau générique, avec revérification de chaque sous-total contre ses composantes. Les AESH (134 775 effectifs, 85 326 ETP) dépassent à eux seuls l'ensemble des personnels d'encadrement et recoupent, à 1 200 ETP près, l'ordre de grandeur déjà cité d'après la Cour des comptes — la seule mesure d'AESH de ce dossier jusqu'ici.
- Version 5 (19 septembre 2026) : positionnement européen ajouté (§ 7) — taille des classes (Eurostat, série arrêtée en 2012 ; OCDE, Regards sur l'éducation 2025) et résultats PISA 2022 (OCDE, volume I), les deux cités avec leur source précise plutôt que chargés en série requêtable ; l'absence de lien établi entre taille de classe et résultats, relevée par l'OCDE elle-même, y est signalée plutôt que passée sous silence.
- Version 4 (15 septembre 2026) : effectifs d'élèves du premier degré chargés (Depp, 2009-2025) — la baisse d'ETP enseignants du § 2 est deux fois moins rapide que la baisse d'effectifs, une question laissée ouverte en version 3 et désormais tranchée par la donnée.
- Version 3 (15 septembre 2026) : plan commun des dossiers ; les §§ 4 et 5, écrits comme des réponses à des questions, décrivent désormais l'organisation ; cadre et contrôle du Sénat sourcés.
- Version 2 (14 septembre 2026) : pourquoi les effectifs d'AESH restent hors de portée en données ouvertes.
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