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L'Éducation nationale : budget, effectifs, organisation
Que coûte l'enseignement scolaire, combien de personnes y travaillent par établissement, et comment l'autorité et la rémunération des enseignants sont-elles organisées ? Le budget s'appuie sur la table du projet de loi de finances partagée avec les dossiers défense et police.
2 textes de cadre · 1 constat d'institutions de contrôle, chacun relu dans sa source.
Contexte
Dans les comptes rendus de séance de l'Assemblée nationale chargés (du 18 juillet 2024 au 21 juillet 2026), les interventions qui emploient les mots du dossier :
Interventions en séance publique de l'Assemblée nationale qui emploient ces mots. Une mention ne dit pas la position de l'orateur.
Enjeux
- 2025
La baisse du nombre d'élèves s'accélère
Le rapport relève que la diminution du nombre de collégiens, limitée à 18 000 par an pendant deux rentrées, va s'accentuer très fortement.
officiel Sénat, commission de la culture (avis sur la mission « Enseignement scolaire », PLF 2026) · source
Cadre
- 2019
La loi pour une école de la confiance
Son article 11 rend l'instruction obligatoire dès trois ans et jusqu'à seize ans.
officiel Parlement (loi n° 2019-791) · source
- 2024
L'accompagnement des élèves handicapés pendant la pause méridienne pris en charge par l'État
L'État prend en charge l'accompagnement humain des élèves en situation de handicap durant le temps de pause méridienne.
officiel Parlement (loi n° 2024-475) · source
4. L'autorité du chef d'établissement sur les enseignants
Le Code de l'éducation (articles D. 422-5 à D. 422-11) dit précisément ceci : le chef d'établissement (principal, proviseur) « représente l'État au sein de l'établissement » et « a autorité sur l'ensemble des personnels affectés ou mis à disposition » (art. D. 422-5, D. 422-7) — une autorité large, sur tous les personnels sans distinction de statut dans le texte lui-même.
Dans la pratique et selon l'interprétation qu'en font l'administration et les organisations syndicales, cette autorité est qualifiée de « fonctionnelle » plutôt que de « hiérarchique » pour les enseignants : le chef d'établissement organise leur service au sein de l'établissement, mais les actes qui déterminent une carrière — recrutement, évaluation disciplinaire, notation, mutation — restent du ressort du recteur d'académie, via le corps d'inspection (IA-IPR). Cette distinction fonctionnel/hiérarchique n'est pas un terme que le Code de l'éducation emploie explicitement dans les articles cités ; elle est l'interprétation dominante qu'en tirent l'administration et les représentants du personnel, pas une citation littérale de la loi — cette note le signale précisément pour ne pas citer comme disposition légale ce qui est une lecture établie mais non textuelle.
5. Le versement du traitement sur douze mois
Il n'existe pas de dispositif où un enseignant serait payé pour dix mois de service puis « réparti » sur douze. Comme tout fonctionnaire, un enseignant titulaire perçoit un traitement annuel, versé en douze mensualités égales, en application du principe du service fait — le même mécanisme de mensualisation que pour n'importe quel agent public, enseignant ou non. Le salaire continue d'être versé en juillet et en août, sans interruption ni rattrapage.
Un écart de rémunération d'une autre nature existe : d'autres agents de même grade perçoivent davantage de primes et d'indemnités que les enseignants. Il n'a rien à voir avec un calendrier de versement. Cette note ne peut pas chiffrer précisément cet écart de primes faute d'une source ouverte dédiée au moment de l'écriture ; elle se limite à décrire le mécanisme de versement, qui est vérifiable dans les règles générales de la fonction publique.
Contrôles et évaluations
- 2025
63,02 Md€ pour l'enseignement scolaire en 2026, après 12,13 Md€ de hausse depuis 2019
Hors pensions, les crédits de paiement des cinq programmes du ministère s'élèvent à 63,02 Md€ pour 2026, un budget stable après une hausse de 12,13 Md€ depuis 2019 (crédits votés, pas exécutés).
officiel Sénat, commission de la culture (avis sur la mission « Enseignement scolaire », PLF 2026) · source
Situation chiffrée
1. Le budget : 87 à 88 Md€, et neuf euros sur dix pour du personnel
Mission Enseignement scolaire, PLF, six programmes chargés intégralement :
| Programme | 2024 (Md€) | 2025 (Md€) |
|---|---|---|
| Enseignement scolaire public du second degré | 38,42 | 39,52 |
| Enseignement scolaire public du premier degré | 26,84 | 27,49 |
| Enseignement privé du premier et du second degrés | 9,04 | 8,94 |
| Vie de l'élève | 7,94 | 8,15 |
| Soutien de la politique de l'éducation nationale | 2,89 | 2,98 |
| Enseignement technique agricole | 1,70 | 1,73 |
| Mission (total) | 86,83 | 88,81 |
93 % de ce budget est du personnel (titre 2 : 80,67 Md€ sur 86,83 Md€ en 2024, 83,30 sur 88,81 en 2025) — une proportion encore plus extrême que celle déjà relevée pour la police nationale (87 %, docs/securite-police-donnees.md § 2.1). Ce sont des crédits de paiement (CP) votés au PROJET de loi de finances, pas la loi de finances initiale adoptée ni l'exécution — même piège voté/exécuté que docs/budget-donnees.md § 2.
2. Les effectifs par établissement : Depp, granularité fine
Source : Depp, deux jeux distincts et asymétriques — le premier degré publie les rentrées 2024 et 2025, le second degré seulement 2024 au moment de l'écriture :
| Premier degré (ETP enseignants) | Second degré (ETP enseignants) | |
|---|---|---|
| Public, 2024 | 279 173 | 355 632 |
| Privé, 2024 | 37 714 | 85 821 |
| Public, 2025 | 277 148 | — |
| Privé, 2025 | 37 543 | — |
Le premier degré recule légèrement d'une rentrée à l'autre (279 173 →
277 148 ETP dans le public, −0,73 %). Les effectifs d'élèves reculent plus
vite que les ETP enseignants, pas au même rythme : dans le public,
5 462 329 → 5 365 524 élèves, soit −1,77 %, plus du double de la baisse d'ETP.
Le nombre d'élèves par enseignant en résulte légèrement à la baisse (19,57 →
19,36) — la réduction du nombre de postes ne suit donc pas mécaniquement la
démographie scolaire, elle est deux fois moins rapide qu'elle (Depp,
fr-en-ecoles-effectifs-nb_classes, premier degré seulement). Le même
mouvement, de moindre ampleur, s'observe dans le privé sous contrat
(862 368 → 851 294 élèves, −1,28 %, contre −0,45 % d'ETP).
3. Le coût de structure : ce que le personnel hors enseignement révèle — et ce qu'il cache
Le second degré publie, par établissement, l'ETP total, l'ETP enseignant et
l'ETP « personnels de vie scolaire ». Le résidu (etp_total − etp_enseignants − etp_vie_scolaire) approxime le personnel de direction, administratif et
technique — ni devant les élèves, ni dans les établissements pour l'encadrement
de la vie scolaire (assistants d'éducation notamment) :
| Secteur | ETP total | ETP enseignants | ETP vie scolaire | ETP « autre » | Part hors enseignement |
|---|---|---|---|---|---|
| Public | 487 281 | 355 632 | 59 807 | 71 841 | 27,0 % |
| Privé sous contrat | 86 410 | 85 821 | ~0 | 589 | 0,7 % |
Cet écart (27,0 % contre 0,7 %) ne mesure pas une différence d'efficacité entre public et privé — il mesure une différence de PÉRIMÈTRE de ce que l'État paie. Dans le privé sous contrat, l'État ne rémunère que les enseignants (contrat d'association) ; le personnel de direction, administratif et technique est employé et payé directement par l'établissement ou l'organisme de gestion (OGEC), et n'apparaît donc pas dans ce jeu de données Depp, qui ne compte que les emplois payés par l'État. Présenter ce tableau comme « le privé a 27 points de coût de structure en moins » serait faux : c'est 27 points de personnel non comptés dans cette source, pas 27 points de personnel absents. Le seul fait solide que ce tableau établit est le périmètre budgétaire de l'État : dans le public, 27 % des emplois d'État en établissement du second degré ne sont ni des enseignants ni de la vie scolaire.
Un second signal, plus directement comparable : la proportion d'enseignants non titulaires est plus élevée dans le privé (19,5 % en moyenne par établissement) que dans le public (8,5 %) — une mesure qui, elle, porte sur la même catégorie de personnel (les enseignants payés par l'État) dans les deux secteurs, donc réellement comparable.
Ce que les données ne disent pas
Les effectifs d'AESH, la dépense par élève et les séries longues ne sont pas disponibles en jeu de données ouvert structuré : la liste « Non chargé, et pourquoi » de l'annexe technique (§ 6) le détaille source par source.
Sources
- Direction du budget, PLF — dépenses par mission, programme et action, data.economie.gouv.fr, éditions 2024 et 2025.
- Depp (Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance), Les personnels dans les établissements du premier degré et du second degré, data.education.gouv.fr.
- Depp, Effectifs et nombre de classes des écoles publiques et privées
(
fr-en-ecoles-effectifs-nb_classes), data.education.gouv.fr. - Légifrance, Code de l'éducation, articles D. 422-5 à D. 422-11.
- Cour des comptes, rapport sur les AESH, septembre 2024 (ordre de grandeur cité § 6, non chargé en base).
- docs/budget-donnees.md, pour le piège voté/exécuté.
Annexe technique
6. Ce qui est chargé
| # | Source | Volume |
|---|---|---|
| 1 | Direction du budget, PLF, mission Enseignement scolaire | 6 programmes, 2024-2025 (table partagée, voir § 1) |
| 2 | Depp, personnels des établissements du premier degré | 94 584 lignes, 2024-2025 |
| 3 | Depp, personnels des établissements du second degré | 10 697 lignes, 2024 |
| 4 | Depp, effectifs d'élèves des écoles (premier degré) | 35 lignes, agrégat national par secteur, 2009-2025 |
Non chargé, et pourquoi :
- Les AESH (accompagnants d'élèves en situation de handicap) : recherche refaite, toujours aucun jeu de données ouvert structuré identifié. Ils sont mêlés, dans les jeux Depp chargés (§ 2), aux « personnels de vie scolaire » sans être isolés — confirmé explicitement par la documentation du jeu de données lui-même (« les ETP des personnels de vie scolaire sont renseignés en nc [non concerné] » pour le secteur privé sous contrat, puisque ces personnels n'y sont pas payés par l'État). Les chiffres de 86 502 ETP en 2024 et 90 502 ETP en 2025 viennent du rapport de la Cour des comptes de septembre 2024 et de reprises parlementaires, pas d'un jeu de données consultable : cette note le cite comme un ordre de grandeur sourcé, pas comme une série chargée en base, faute d'un fichier à télécharger et à vérifier ligne à ligne.
- La dépense par élève (environ 8 450 €/an en primaire, 11 320 €/an dans le secondaire selon les publications de la Depp) : chiffre publié par la Depp dans ses publications (RERS, « L'état de l'École ») mais aucun jeu de données ouvert structuré retrouvé au moment de l'écriture — seulement des documents PDF.
- Effectifs d'élèves des collèges et lycées (second degré) : le jeu chargé au § 4 ne couvre que le premier degré (écoles) ; un jeu Depp équivalent pour le second degré n'a pas encore été identifié précisément.
- Séries historiques longues (jusqu'aux années 1980, que la RERS publie en PDF) : les effectifs d'élèves du § 4 remontent à 2009, une amélioration réelle mais qui reste loin des années 1980 ; les personnels enseignants (§ 2) ne remontent toujours pas au-delà de 2024.
Versions
- Version 4 (15 septembre 2026) : effectifs d'élèves du premier degré chargés (Depp, 2009-2025) — la baisse d'ETP enseignants du § 2 est deux fois moins rapide que la baisse d'effectifs, une question laissée ouverte en version 3 et désormais tranchée par la donnée.
- Version 3 (15 septembre 2026) : plan commun des dossiers ; les §§ 4 et 5, écrits comme des réponses à des questions, décrivent désormais l'organisation ; cadre et contrôle du Sénat sourcés.
- Version 2 (14 septembre 2026) : pourquoi les effectifs d'AESH restent hors de portée en données ouvertes.
Page construite depuis le dossier
docs/education-donnees.md (Dossier · version 4 · 15 septembre 2026) et depuis la base : les faits, les
crédits et les mentions en séance sont relus à chaque construction du site.
Dans la même famille :
Recherche et universités Culture et audiovisuel public Sport et vie associative.