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Protection sociale et santé · 571 € sur 1 000 de dépense publique

Le chômage en France : évolution, minima sociaux, financement

Comment le taux de chômage a-t-il évolué depuis un demi-siècle, que couvre la continuité du RMI au RSA, et d'où vient l'argent qui finance l'indemnisation et les minima sociaux ? Le dossier établit des faits chiffrés et leurs sources ; il ne prend pas position sur les politiques de l'emploi.

En bref
7,7 %taux de chômage2025 · Eurostat, au sens du BIT
2,45 millionschômeurs2025 · Eurostat
49 Md€de dépense de protection sociale au titre du chômage2023 · Eurostat, ESSPROS

3 textes de cadre · 1 constat d'institutions de contrôle, chacun relu dans sa source.

Les chiffres INSEE · 1975-Q1–2026-Q2

Le taux de chômage, trimestre par trimestre

8,3 % au 2026-Q2, contre 3,2 % au 1975-Q1. Taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT), France hors Mayotte, données corrigées des variations saisonnières.

La source directe, pas une republication. Cette page lit la série trimestrielle que l'INSEE publie lui-même (identifiant 001688527), à chaque parution des comptes nationaux. La frise Ve République utilise une série voisine, mais annuelle et republiée par Eurostat avec un train de retard : les deux se ressemblent, mais ne sont pas la même donnée, et ne coïncident pas trimestre pour trimestre.

La série complète, 1975-Q1–2026-Q2

206 trimestres. Le plus haut, 10,7 % au 1994-Q1 ; le plus bas, 3,2 % au 1975-Q1.

1975-Q1 — 3,2 %1975-Q2 — 3,5 %1975-Q3 — 3,8 %1975-Q4 — 3,9 %1976-Q1 — 4,0 %1976-Q2 — 4,0 %1976-Q3 — 3,9 %1976-Q4 — 4,0 %1977-Q1 — 4,2 %1977-Q2 — 4,5 %1977-Q3 — 4,7 %1977-Q4 — 4,6 %1978-Q1 — 4,5 %1978-Q2 — 4,5 %1978-Q3 — 4,8 %1978-Q4 — 5,0 %1979-Q1 — 5,1 %1979-Q2 — 5,2 %1979-Q3 — 5,3 %1979-Q4 — 5,4 %1980-Q1 — 5,5 %1980-Q2 — 5,5 %1980-Q3 — 5,6 %1980-Q4 — 5,8 %1981-Q1 — 6,2 %1981-Q2 — 6,5 %1981-Q3 — 6,8 %1981-Q4 — 6,9 %1982-Q1 — 7,0 %1982-Q2 — 7,1 %1982-Q3 — 7,2 %1982-Q4 — 7,3 %1983-Q1 — 7,3 %1983-Q2 — 7,3 %1983-Q3 — 7,5 %1983-Q4 — 7,8 %1984-Q1 — 8,2 %1984-Q2 — 8,6 %1984-Q3 — 8,8 %1984-Q4 — 9,0 %1985-Q1 — 9,1 %1985-Q2 — 9,1 %1985-Q3 — 9,1 %1985-Q4 — 9,1 %1986-Q1 — 9,0 %1986-Q2 — 9,1 %1986-Q3 — 9,1 %1986-Q4 — 9,2 %1987-Q1 — 9,3 %1987-Q2 — 9,3 %1987-Q3 — 9,2 %1987-Q4 — 9,1 %1988-Q1 — 9,0 %1988-Q2 — 8,9 %1988-Q3 — 8,9 %1988-Q4 — 8,7 %1989-Q1 — 8,4 %1989-Q2 — 8,3 %1989-Q3 — 8,1 %1989-Q4 — 8,1 %1990-Q1 — 8,1 %1990-Q2 — 8,0 %1990-Q3 — 8,0 %1990-Q4 — 8,0 %1991-Q1 — 7,9 %1991-Q2 — 8,1 %1991-Q3 — 8,3 %1991-Q4 — 8,5 %1992-Q1 — 8,7 %1992-Q2 — 8,9 %1992-Q3 — 9,1 %1992-Q4 — 9,3 %1993-Q1 — 9,6 %1993-Q2 — 9,9 %1993-Q3 — 10,2 %1993-Q4 — 10,5 %1994-Q1 — 10,7 %1994-Q2 — 10,7 %1994-Q3 — 10,6 %1994-Q4 — 10,4 %1995-Q1 — 10,2 %1995-Q2 — 9,9 %1995-Q3 — 9,8 %1995-Q4 — 9,9 %1996-Q1 — 10,2 %1996-Q2 — 10,5 %1996-Q3 — 10,5 %1996-Q4 — 10,6 %1997-Q1 — 10,7 %1997-Q2 — 10,7 %1997-Q3 — 10,6 %1997-Q4 — 10,5 %1998-Q1 — 10,3 %1998-Q2 — 10,2 %1998-Q3 — 10,1 %1998-Q4 — 10,2 %1999-Q1 — 10,2 %1999-Q2 — 10,2 %1999-Q3 — 9,9 %1999-Q4 — 9,5 %2000-Q1 — 9,1 %2000-Q2 — 8,7 %2000-Q3 — 8,4 %2000-Q4 — 8,0 %2001-Q1 — 7,8 %2001-Q2 — 7,7 %2001-Q3 — 7,7 %2001-Q4 — 7,8 %2002-Q1 — 7,8 %2002-Q2 — 7,9 %2002-Q3 — 7,9 %2002-Q4 — 7,9 %2003-Q1 — 8,4 %2003-Q2 — 8,5 %2003-Q3 — 8,4 %2003-Q4 — 8,8 %2004-Q1 — 9,0 %2004-Q2 — 8,8 %2004-Q3 — 8,8 %2004-Q4 — 8,9 %2005-Q1 — 8,6 %2005-Q2 — 8,8 %2005-Q3 — 9,0 %2005-Q4 — 9,1 %2006-Q1 — 9,2 %2006-Q2 — 9,0 %2006-Q3 — 8,9 %2006-Q4 — 8,4 %2007-Q1 — 8,5 %2007-Q2 — 8,1 %2007-Q3 — 8,0 %2007-Q4 — 7,5 %2008-Q1 — 7,2 %2008-Q2 — 7,3 %2008-Q3 — 7,4 %2008-Q4 — 7,8 %2009-Q1 — 8,6 %2009-Q2 — 9,2 %2009-Q3 — 9,2 %2009-Q4 — 9,6 %2010-Q1 — 9,3 %2010-Q2 — 9,3 %2010-Q3 — 9,2 %2010-Q4 — 9,2 %2011-Q1 — 9,1 %2011-Q2 — 9,1 %2011-Q3 — 9,2 %2011-Q4 — 9,4 %2012-Q1 — 9,4 %2012-Q2 — 9,7 %2012-Q3 — 9,8 %2012-Q4 — 10,2 %2013-Q1 — 10,3 %2013-Q2 — 10,4 %2013-Q3 — 10,3 %2013-Q4 — 10,1 %2014-Q1 — 10,1 %2014-Q2 — 10,2 %2014-Q3 — 10,3 %2014-Q4 — 10,5 %2015-Q1 — 10,3 %2015-Q2 — 10,5 %2015-Q3 — 10,4 %2015-Q4 — 10,2 %2016-Q1 — 10,2 %2016-Q2 — 10,0 %2016-Q3 — 9,9 %2016-Q4 — 10,0 %2017-Q1 — 9,6 %2017-Q2 — 9,5 %2017-Q3 — 9,5 %2017-Q4 — 9,0 %2018-Q1 — 9,3 %2018-Q2 — 9,1 %2018-Q3 — 8,9 %2018-Q4 — 8,8 %2019-Q1 — 8,8 %2019-Q2 — 8,4 %2019-Q3 — 8,3 %2019-Q4 — 8,2 %2020-Q1 — 7,9 %2020-Q2 — 7,1 %2020-Q3 — 9,0 %2020-Q4 — 8,1 %2021-Q1 — 8,2 %2021-Q2 — 7,9 %2021-Q3 — 7,9 %2021-Q4 — 7,4 %2022-Q1 — 7,4 %2022-Q2 — 7,4 %2022-Q3 — 7,2 %2022-Q4 — 7,2 %2023-Q1 — 7,1 %2023-Q2 — 7,2 %2023-Q3 — 7,4 %2023-Q4 — 7,6 %2024-Q1 — 7,5 %2024-Q2 — 7,3 %2024-Q3 — 7,4 %2024-Q4 — 7,3 %2025-Q1 — 7,4 %2025-Q2 — 7,5 %2025-Q3 — 7,7 %2025-Q4 — 7,9 %2026-Q1 — 8,1 %2026-Q2 — 8,3 %3,2 %8,3 %19752026

Aucune présidence n'est indiquée sur ce graphe. Une courbe qui monte ou baisse sous un mandat ne dit rien de ce qui l'a causée : la conjoncture mondiale, les décisions antérieures et les chocs extérieurs ne demandent l'avis de personne. Pour situer cette série dans le temps présidentiel, voir la frise, où les bandes sont un repère chronologique, jamais une imputation.

La source directe contre la republication

Moyenne des quatre trimestres INSEE de l'année, contre la valeur annuelle qu'Eurostat republie : 2003–2025.

0,0 %5,2 %10,4 %2003 — Moyenne annuelle de la série trimestrielle (INSEE) : 8,5 %2003 — Série annuelle republiée (Eurostat) : 8,5 %2004 — Moyenne annuelle de la série trimestrielle (INSEE) : 8,9 %2004 — Série annuelle republiée (Eurostat) : 8,9 %2005 — Moyenne annuelle de la série trimestrielle (INSEE) : 8,9 %2005 — Série annuelle republiée (Eurostat) : 8,9 %20052006 — Moyenne annuelle de la série trimestrielle (INSEE) : 8,9 %2006 — Série annuelle republiée (Eurostat) : 8,9 %2007 — Moyenne annuelle de la série trimestrielle (INSEE) : 8,0 %2007 — Série annuelle republiée (Eurostat) : 8,0 %2008 — Moyenne annuelle de la série trimestrielle (INSEE) : 7,4 %2008 — Série annuelle republiée (Eurostat) : 7,4 %2009 — Moyenne annuelle de la série trimestrielle (INSEE) : 9,2 %2009 — Série annuelle republiée (Eurostat) : 9,1 %2010 — Moyenne annuelle de la série trimestrielle (INSEE) : 9,2 %2010 — Série annuelle republiée (Eurostat) : 9,3 %20102011 — Moyenne annuelle de la série trimestrielle (INSEE) : 9,2 %2011 — Série annuelle republiée (Eurostat) : 9,2 %2012 — Moyenne annuelle de la série trimestrielle (INSEE) : 9,8 %2012 — Série annuelle republiée (Eurostat) : 9,8 %2013 — Moyenne annuelle de la série trimestrielle (INSEE) : 10,3 %2013 — Série annuelle republiée (Eurostat) : 10,3 %2014 — Moyenne annuelle de la série trimestrielle (INSEE) : 10,3 %2014 — Série annuelle republiée (Eurostat) : 10,3 %2015 — Moyenne annuelle de la série trimestrielle (INSEE) : 10,3 %2015 — Série annuelle republiée (Eurostat) : 10,4 %20152016 — Moyenne annuelle de la série trimestrielle (INSEE) : 10,0 %2016 — Série annuelle republiée (Eurostat) : 10,1 %2017 — Moyenne annuelle de la série trimestrielle (INSEE) : 9,4 %2017 — Série annuelle republiée (Eurostat) : 9,4 %2018 — Moyenne annuelle de la série trimestrielle (INSEE) : 9,0 %2018 — Série annuelle republiée (Eurostat) : 9,1 %2019 — Moyenne annuelle de la série trimestrielle (INSEE) : 8,4 %2019 — Série annuelle republiée (Eurostat) : 8,5 %2020 — Moyenne annuelle de la série trimestrielle (INSEE) : 8,0 %2020 — Série annuelle republiée (Eurostat) : 8,1 %20202021 — Moyenne annuelle de la série trimestrielle (INSEE) : 7,8 %2021 — Série annuelle republiée (Eurostat) : 7,9 %2022 — Moyenne annuelle de la série trimestrielle (INSEE) : 7,3 %2022 — Série annuelle republiée (Eurostat) : 7,3 %2023 — Moyenne annuelle de la série trimestrielle (INSEE) : 7,3 %2023 — Série annuelle republiée (Eurostat) : 7,4 %2024 — Moyenne annuelle de la série trimestrielle (INSEE) : 7,4 %2024 — Série annuelle republiée (Eurostat) : 7,4 %2025 — Moyenne annuelle de la série trimestrielle (INSEE) : 7,6 %2025 — Série annuelle republiée (Eurostat) : 7,7 %2025
Moyenne annuelle de la série trimestrielle (INSEE)Série annuelle republiée (Eurostat)

Les deux se ressemblent d'assez près pour confirmer qu'il s'agit de la même mesure, et diffèrent assez pour montrer que ce n'est pas la même publication : Eurostat republie les données que l'INSEE lui transmet, avec ses propres arrondis et parfois un cycle de révision différent. Aucune des deux n'est « la bonne » contre l'autre : ce sont deux éditions de la même source primaire.

Ce que les allocataires touchent vraiment

Répartition des allocataires de l'Assurance chômage par tranche d'indemnisation mensuelle nette, au 30 juin 2025 à 00:00.

0–250 €1,0 %
250–500 €3,7 %
500–750 €10,7 %
750–1 000 €19,6 %
1 000–1 250 €24,7 %
1 250–1 500 €14,3 %
1 500–1 750 €7,6 %
1 750–2 000 €5,7 %
2 000–2 250 €3,8 %
2 250–2 500 €2,1 %
2 500–3 000 €3,5 %
3 000 € et plus3,3 %

Ce n'est pas la même population que le taux de chômage ci-dessus. Les allocataires de l'Assurance chômage sont indemnisés parce qu'ils ont cotisé ; le chômage au sens du BIT est une mesure de l'enquête Emploi, sans lien avec une indemnisation. Les allocataires de la solidarité-État (ASS, ATS, AER) ne sont pas dans cette répartition : leur montant dépend des ressources, pas d'un salaire de référence.

Source : INSEE, taux de chômage au sens du BIT, série 001688527 (Banque de données macro-économiques). Licence Ouverte. Répartition par tranche : Unédic, Fichier national des allocataires.

Ce que cette page ne dit pas

Ce n'est qu'une des mesures du manque de travail. Le halo autour du chômage — personnes sous-employées à temps partiel, qui cherchent un emploi sans pouvoir commencer tout de suite, ou qui seraient disponibles sans avoir cherché activement — n' est pas dans cette série. Voir la mesure élargie sur la frise →

Ce n'est pas le nombre d'inscrits à France Travail. Le chômage au sens du BIT vient d'une enquête auprès des ménages (l'enquête Emploi), pas d'un fichier administratif : les deux mesures répondent à des définitions différentes et ne coïncident pas.

Rien par département ni par région. Cette série est nationale. Un découpage territorial du chômage viendra d'une source différente, à un pas de temps différent : elle n'est pas encore en base.

Contexte

Dans les comptes rendus de séance de l'Assemblée nationale chargés (du 18 juillet 2024 au 21 juillet 2026), les interventions qui emploient les mots du dossier :

« RSA »271116 orateurs
« assurance chômage »22295 orateurs

Interventions en séance publique de l'Assemblée nationale qui emploient ces mots. Une mention ne dit pas la position de l'orateur.

Enjeux

  1. 2026

    Le désendettement de l'Assurance chômage, un « défi » selon son gestionnaire

    Le gestionnaire du régime présente son désendettement comme un défi, dans des perspectives économiques qu'il juge moroses.

    déclaratif Unédic (gestionnaire de l'Assurance chômage), prévisions financières · source

Cadre

  1. 2008

    La généralisation du revenu de solidarité active (RSA)

    Loi qui généralise le revenu de solidarité active.

    officiel Parlement (loi n° 2008-1249) · source

  2. 2022

    Les mesures d'urgence sur le marché du travail

    Loi de 2022 sur le fonctionnement du marché du travail, adoptée « en vue du plein emploi ».

    officiel Parlement (loi n° 2022-1598) · source

  3. 2023

    La loi pour le plein emploi (France Travail)

    L'article 1er réécrit l'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi, désormais tenue par l'opérateur France Travail.

    officiel Parlement (loi n° 2023-1196) · source

Contrôles et évaluations

  1. 2026

    Assurance chômage : 38 Md€ d'indemnisation et 61,5 Md€ de dette prévus en 2026

    Selon ses prévisions de mars 2026, les dépenses d'indemnisation atteindraient 38 Md€ en 2026 (37,2 Md€ en 2025) et la dette du régime 61,5 Md€ (59,4 Md€ en 2025).

    officiel Unédic (gestionnaire de l'Assurance chômage), prévisions financières · source

Situation chiffrée

1. Le taux de chômage depuis 1975

Cette série (Insee, série BDM 001688527, taux au sens du BIT, France hors Mayotte, données CVS) : 206 trimestres, du premier trimestre 1975 au deuxième trimestre 2026 — la mesure de référence citée à chaque publication trimestrielle.

trimestre taux
1975-T1 3,2 % (début de série)
1994-T2 / 1997-T1 / 1997-T2 10,7 % (plus haut de toute la série)
2008-T1 7,2 % (plus bas avant la crise financière)
2015-T1 10,3 % (pic post-crise, sous le niveau des années 1990)
2020-T2 7,1 % (confinement — le halo du chômage, § 1.1, explique la baisse apparente)
2026-T2 8,3 %

Le plus haut niveau de la série n'est pas la crise de 2008 ni celle de 2015 : c'est le milieu des années 1990 (10,7 %, atteint à trois reprises entre 1994 et 1997) .

Le taux de chômage au sens du BIT n'est pas un simple décompte d'inscrits à France Travail : il vient de l'enquête Emploi (échantillon de ménages), et compte comme chômeur quiconque est sans emploi, disponible sous quinze jours et en recherche active — une définition indépendante de toute inscription administrative. C'est pourquoi le taux peut baisser pendant un confinement (les personnes sans emploi cessent de chercher activement, donc sortent de la définition BIT) sans que la situation se soit améliorée.

1.1 Le halo autour du chômage

Cette série porte, depuis Eurostat, trois séries complémentaires que le taux BIT laisse de côté : personnes sous-employées à temps partiel, disponibles mais ne cherchant pas (le halo proprement dit), et cherchant un emploi mais indisponibles. Ensemble, elles mesurent une capacité d'emploi inutilisée plus large que le seul chômage au sens strict — utile pour ne pas confondre « le taux baisse » et « il y a moins de gens sans emploi qu'ils ne le voudraient ».

1.2 Les demandeurs d'emploi inscrits : une mesure distincte du taux au sens du BIT

Cette série (Dares/France Travail, CVS-CJO, France, depuis février 1996) porte la statistique administrative que la presse cite le plus souvent — « X millions de demandeurs d'emploi » — et qui n'est PAS le taux BIT du § 1 : c'est un décompte d'inscriptions, catégorie par catégorie (A : sans aucune activité ; B, C : activité réduite courte ou longue).

catégorie A catégorie A+B+C
Avril 1996 3 329 200 3 979 600
Avril 2008 2 157 500 3 245 500
Avril 2015 3 804 800 5 654 800
Avril 2020 4 553 700 6 062 600
Juillet 2026 5 835 800

La catégorie A seule (2,2 millions en 2008) est déjà très inférieure à l'ensemble ABC (3,2 millions la même année) : une bonne partie de l'écart entre « le chômage recule » et « les chiffres du chômage restent élevés » dans le débat public tient à la catégorie retenue, pas seulement à la réalité économique. La catégorie A seule se rapproche le plus du chômage BIT par construction (aucune activité), mais les deux ne coïncident pas : l'un est une enquête sur un échantillon, l'autre un dénombrement administratif de toutes les inscriptions.

2. RMI puis RSA : trente-cinq ans d'un même filet, sous deux noms

Cette série (Drees, France métropolitaine, 1990-2024) porte la continuité complète :

année RMI RSA
1990 422 100 (n'existe pas encore)
2000 965 200
2008 1 005 200
2009 2 500 (résiduel) 1 313 900
2010 20 1 373 700
2024 1 648 600

Le Revenu de solidarité active a remplacé le RMI et l'allocation de parent isolé au 1er juin 2009 en métropole, puis dans les DOM au 1er janvier 2011 (Mayotte, 1er janvier 2012). Depuis le 1er janvier 2016, le RSA se restreint au « RSA socle » : le « RSA activité » a été remplacé par la prime d'activité, ce qui explique pourquoi le nombre d'allocataires RSA de 2016 n'est pas directement comparable à celui de 2015 sans le savoir (rupture de série documentée par la Drees elle-même dans le fichier source).

Coût de l'allocation (Md€ constants 2024) : 9,6 Md€ en 2009 → 12,4 Md€ en 2024, en hausse de 29 % en quinze ans — une évolution à comparer au nombre d'allocataires (+25 % sur la même période) : l'essentiel de la hausse du coût suit la hausse du nombre de bénéficiaires, pas une revalorisation démesurée du montant individuel.

2.1 L'allocation de solidarité spécifique (ASS), le plancher de

l'indemnisation chômage

L'ASS — versée à qui a épuisé ses droits à l'assurance chômage et remplit une condition d'activité antérieure — est un minimum social distinct du RSA, financé par l'État (pas par l'Unédic) : 336 100 allocataires en 1990, 240 500 en 2024, pour une dépense passée de 2 299 M€ à 1 713 M€ (constants 2024, depuis 2009) sur la même période. Le nombre d'allocataires a culminé en 1996 (513 000), pas récemment : il est aujourd'hui inférieur à son niveau de 1990, malgré des remontées ponctuelles (2009, 2015, 2020).

2.2 La prime d'activité, qui a remplacé le RSA activité

Cette série (Drees, même jeu de données que le RSA mais fichier distinct, France métropolitaine) : créée le 1er janvier 2016 en remplacement du RSA activité et de la prime pour l'emploi, elle est passée de 2 562 500 allocataires en 2016 à 4 636 500 en 2024 — soit +81 % en huit ans, une progression sans commune mesure avec celle du RSA socle sur la même période (§ 2). Le saut le plus net n'est pas celui de la création (2016 → 2017 : +6,7 %), mais 2018 → 2019 (+43 %, de 3 041 300 à 4 357 200) — l'effet de la revalorisation annoncée fin 2018 dans le cadre de la réponse au mouvement des Gilets jaunes, qui a fortement élargi l'accès au dispositif au-delà de son périmètre initial de 2016.

3. La dépense au sens large : ESSPROS

Cette série (Eurostat ESSPROS, champ protection sociale — plus large que la seule Unédic, y compris indemnisation, insertion, préretraites liées au marché du travail) :

année Md€
1990 21,2
2000 29,3
2008 30,8
2010 39,3
2020 74,1 (pic covid — activité partielle massive)
2023 49,3

Le pic de 2020 n'est pas une dégradation structurelle du marché du travail : il correspond au dispositif exceptionnel d'activité partielle, comptabilisé dans cette fonction ESSPROS. Le retour à 49,3 Md€ en 2023, encore supérieur aux 39,3 Md€ de 2010, reflète pour partie la hausse du chômage partiel de droit commun et pour partie l'élargissement du champ couvert par la fonction (formation, insertion).

4. Le financement : qui paie, et comment il est redistribué

4.1 D'où vient l'argent

Deux circuits séparés :

  • L'assurance chômage (Unédic) est financée par une cotisation patronale — 4,05 % du salaire brut, dans la limite de quatre fois le plafond de la Sécurité sociale — collectée par l'URSSAF depuis 2011 (avant, par l'Assédic). Depuis le 1er octobre 2018, les salariés ne cotisent plus : leur part a été supprimée et remplacée par une hausse de 1,7 point de CSG au 1er janvier 2018 — un impôt payé par tous les revenus, retraités compris, pas seulement par les actifs occupés (détaillé dans docs/cotisations-et-droits.md § 6). Ce transfert illustre, sur une branche précise, le mouvement plus général documenté au § 4.5 de docs/budget-donnees.md : le recul des cotisations au profit de recettes fiscales affectées.
  • L'ASS, le RSA et les autres minima sociaux sont financés par l'impôt (État pour l'ASS, départements et État pour le RSA depuis sa recentralisation partielle), pas par des cotisations sociales : ce sont des prestations non contributives (voir la distinction posée en docs/cotisations-et-droits.md § 3).

4.2 Ce que la base peut chiffrer exactement, et ce qu'elle ne peut pas

Cette série (2020-2022, maille région — voir docs/budget-donnees.md § 9) additionne, dans une même catégorie « cotisations et contributions sur revenus d'activité », toutes les branches (maladie, famille, vieillesse, chômage) collectées par une même déclaration sociale nominative. Aucune source URSSAF ouverte ne publie la part chômage séparément des autres branches : l'URSSAF documente son activité de recouvrement (890 mesures d'exonération, 118 trimestres de masse salariale, chargés dans ce projet), jamais ses comptes par branche. Le taux légal de cotisation chômage (4,05 %) est un fait de droit, publiable et cité ci-dessus ; le montant exact en euros qu'il représente à lui seul n'est publié nulle part en open data — c'est la même limite que celle documentée pour les comptes de la Sécurité sociale en général.

Ce qui EST chiffrable exactement : les 301,3 Md€ versés par les entreprises en 2022 (toutes branches, filtré sur categorie_entreprise), et la part de la protection sociale financée par cotisations employeurs contre impôts affectés, année par année depuis 1990 (§ 4.5 de docs/budget-donnees.md).

4.3 La redistribution : de la cotisation à l'allocation

Le circuit, simplifié : l'employeur verse la cotisation à l'URSSAF (ou la CSG, pour la part qui a remplacé la cotisation salariale) → l'URSSAF centralise et reverse à l'Unédic pour l'assurance chômage, ou à l'État/aux départements pour les minima sociaux → France Travail (ex-Pôle emploi) verse l'allocation chômage (ARE) aux personnes indemnisées, ou l'ASS/le RSA aux bénéficiaires des minima sociaux. Cette série (45 trimestres, 2014-2025) donne, pour chaque trimestre, la répartition exacte des allocataires par tranche de montant perçu — le dernier maillon de cette chaîne, chiffré.

Ce que les données ne disent pas

Ce que la base ne peut pas chiffrer exactement dans le financement de l'indemnisation et des minima sociaux est détaillé au § 4.2. Les listes « non chargé » de l'annexe technique (§ 5) disent pourquoi.

Sources
  • Insee, taux de chômage au sens du BIT, série BDM 001688527.
  • Eurostat, une_rt_a (taux de chômage, republication annuelle) et lfsi_sla_a (halo du chômage), déjà chargés avant cette note ; spr_exp_fun (dépense ESSPROS, fonction chômage), chargé pour elle.
  • Drees, Minima sociaux, RSA et prime d'activité, jeu de données ouvert n° 336, fichiers « données nationales par dispositif », « données de dépenses par dispositif » et « RSA et prime d'activité — données nationales ».
  • Cnaf, données nationales du RSA.
  • Unédic, Montant d'allocation chômage et salaires de référence des allocataires de l'Assurance chômage, data.gouv.fr.
  • Dares, Inscrits à France Travail — Stock — France (mensuelles, CVS-CJO), data.dares.travail-emploi.gouv.fr.
  • docs/cotisations-et-droits.md et docs/budget-donnees.md, pour le cadre général du financement de la protection sociale dans lequel s'inscrit cette note.
Annexe technique

5. Ce qui est chargé

# Source Volume
1 Insee, taux de chômage BIT trimestriel (BDM 001688527) 206 trimestres, 1975-2026
2 Eurostat, halo du chômage déjà chargé, voir § 1.1
3 Cnaf, foyers allocataires du RSA 10 années, 2016-2025
4 Drees, minima sociaux par dispositif — effectifs 338 lignes, 1990-2024
5 Drees, minima sociaux par dispositif — dépenses 176 lignes, 2009-2024
6 Eurostat ESSPROS, dépense fonction chômage 34 ans, 1990-2023
7 Unédic, répartition par tranche d'indemnisation 45 trimestres, 2014-2025
8 URSSAF, exonérations et encaissements déjà chargés, cf. docs/budget-donnees.md
9 Dares/France Travail, demandeurs d'emploi inscrits par catégorie 10 527 lignes, depuis février 1996
10 Drees, RSA et prime d'activité — données nationales 9 millésimes, 2016-2024

Non chargé, et pourquoi :

  • Part chômage isolée des encaissements URSSAF — aucune source ouverte ne la publie séparément des autres branches (§ 4.2).
  • Comptes financiers de l'Unédic (dette, recettes, dépenses par nature) — publiés en PDF deux à trois fois par an, non structurés (déjà documenté en docs/budget-donnees.md § 4.4).
  • Dépense de la prime d'activité : le fichier chargé (ligne 10) ne publie que des effectifs. Le fichier « dépenses par dispositif » déjà utilisé pour le RSA et l'ASS ne détaille pas la prime d'activité séparément — sa dépense reste, pour l'instant, incluse dans des lignes plus larges de cette série, pas isolable.
  • Détail des demandeurs d'emploi par âge, région ou ancienneté : la même source Dares le publie (54 567 lignes au total contre 10 527 chargées) ; seul le total agrégé par catégorie a été retenu ici.
Versions
  • Version 4 (15 septembre 2026) : plan commun des dossiers ; cadre (lois de 2008, 2022, 2023) et prévisions du gestionnaire de l'Assurance chômage.
  • Version 3 (14 septembre 2026) : prime d'activité (§ 2.2), qui a remplacé le RSA activité en 2016.
  • Version 2 : demandeurs d'emploi inscrits à France Travail (§ 1.2), distincts du taux BIT du § 1.

Page construite depuis le dossier docs/chomage-donnees.md (Dossier · version 4 · 15 septembre 2026) et depuis la base : les faits, les crédits et les mentions en séance sont relus à chaque construction du site. Dans la même famille : Retraites Santé et hôpitaux Pauvreté Sécurité sociale Cotisations et droits.

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