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Comptes nationaux · 1971–2024Les dividendes versés
301,9 Md€ versés par les sociétés non financières en 2024, soit 62,1 % de leur excédent brut d'exploitation. 68,2 Md€ arrivent aux ménages résidents.
Ces deux chiffres ne se soustraient pas, et l'écart ne « disparaît » pas. Le total versé est brut et non consolidé : une filiale qui verse un dividende à sa maison mère, qui en verse un à son tour à ses actionnaires, est comptée deux fois. Le reste va à d'autres sociétés, aux banques et assurances, et aux détenteurs étrangers. Rapporté au total versé par toutes les sociétés, les ménages résidents en reçoivent 19 %.
La part du profit distribuée
Dividendes versés par les sociétés non financières, en pourcentage de leur excédent brut d'exploitation. De 14,8 % en 1971 à 62,1 % en 2024.
C'est un rapport entre deux montants de la même année, donc insensible à l'inflation — c'est pourquoi la frise l'utilise plutôt que les milliards. Il peut dépasser ce qu'on imagine parce que le numérateur est non consolidé : il n'est pas « la part du bénéfice que les actionnaires ont reçue ».
L'autre ponction sur le même profit
Impôt sur les sociétés payé, rapporté au même excédent brut d'exploitation : le même principe que le ratio ci-dessus, pour comparer les deux sans jamais convertir un euro courant.
Les deux ponctions ne sont pas exclusives l'une de l'autre : l'IS est payé sur le bénéfice, dont une partie des dividendes est ensuite prélevée. Additionner les deux ratios ne donnerait pas « la part du profit qui part de l'entreprise », parce que les deux ne partent pas du même agrégat comptable.
Les montants, versés et reçus
Les deux séries sur la même échelle, pour voir directement l'écart : ce que les sociétés versent, et ce qui arrive effectivement aux ménages résidents.
L'écart entre les deux barres n'est pas « ce qui disparaît ». Il va à d'autres sociétés (dont des filiales qui reversent à leur tour), aux banques et assurances, et aux détenteurs non-résidents : voir la note plus haut. En euros courants : un euro de 1971 et un euro de 2024 ne valent pas la même chose, et aucun déflateur n'est en base : la croissance de ces barres mêle celle des dividendes et celle des prix. Pour une comparaison dans le temps, le rapport à l'EBE, plus haut, est la seule lecture honnête que la base permette.
Le partage de la valeur ajoutée
Ce que produisent les sociétés non financières se scinde en trois flux qui font exactement 100 % : la rémunération des salariés, les impôts sur la production nets des subventions, et l'excédent brut d'exploitation — la seule des trois parts d'où peuvent sortir des dividendes. La largeur de chaque bande est proportionnelle à sa part.
1981 contre 2024 : mêmes trois teintes, même ordre, pour comparer d'un coup d'œil. 1971 n'ouvre pas la comparaison — voir la note sous le tableau. L'EBE n'est pas déjà le dividende : il finance aussi l'investissement, les intérêts et l'impôt sur les sociétés avant qu'un euro ne soit distribué — voir plus haut la part qui en repart effectivement en dividendes (62,1 % en 2024).
Le trajet, pas seulement les deux bouts
Les mêmes trois parts, en 100 % empilé, chaque année depuis 1981 — 1971 excepté, pour la même raison que ci-dessus.
| Année | Valeur ajoutée | Rémunération des salariés | Part | Impôts sur la production* | Part | EBE | Part | Dividendes / EBE |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1971 | 74,8 Md€ | 51,7 Md€ | 69,2 % | −0,1 Md€ | −0,2 % | 23,2 Md€ | 31,0 % | 14,8 % |
| 1981 | 265,4 Md€ | 196,0 Md€ | 73,8 % | 3,9 Md€ | 1,5 % | 65,6 Md€ | 24,7 % | 20,9 % |
| 1991 | 511,7 Md€ | 336,5 Md€ | 65,8 % | 10,7 Md€ | 2,1 % | 164,4 Md€ | 32,1 % | 24,9 % |
| 2001 | 769,9 Md€ | 495,7 Md€ | 64,4 % | 26,8 Md€ | 3,5 % | 247,5 Md€ | 32,1 % | 43,6 % |
| 2008 | 1 011,2 Md€ | 648,4 Md€ | 64,1 % | 30,9 Md€ | 3,1 % | 331,9 Md€ | 32,8 % | 72,9 % |
| 2011 | 1 033,3 Md€ | 682,1 Md€ | 66,0 % | 30,2 Md€ | 2,9 % | 321,1 Md€ | 31,1 % | 65,9 % |
| 2021 | 1 264,2 Md€ | 838,6 Md€ | 66,3 % | 2,5 Md€ | 0,2 % | 423,1 Md€ | 33,5 % | 54,8 % |
| 2024 | 1 513,0 Md€ | 992,0 Md€ | 65,6 % | 34,5 Md€ | 2,3 % | 486,6 Md€ | 32,2 % | 62,1 % |
* Nets des subventions d'exploitation, calculés ici par différence (VA − rémunération − EBE) : la comptabilité nationale ne publie pas ce montant comme une série à part dans la base. Une valeur négative, comme en 1971, signifie que les subventions d'exploitation ont dépassé les impôts sur la production cette année-là : ce n'est pas une erreur de calcul, c'est ce que la différence des trois séries publiées donne.
Source : INSEE, comptes nationaux annuels — comptes des sociétés non financières, opération D.42 « revenus distribués des sociétés ».
Ce que cette page ne dit pas
Rien sur une entreprise nommée. Les comptes nationaux agrègent toutes les sociétés résidentes. Les dividendes du CAC 40 ne sont publiés, société par société, que dans les rapports annuels des groupes : aucune source ouverte ne les réunit, et ce site ne les additionne pas lui-même.
L'EBE n'est pas le bénéfice. Il est calculé avant les amortissements, les intérêts et l'impôt sur les sociétés — 65,2 Md€ d'impôts sur le revenu payés par ces sociétés en 2024. Un rapport dividendes / bénéfice net serait plus élevé.
Aucune cause n'est attribuée. La part distribuée dépend des taux d'intérêt, de la fiscalité du capital, de la structure des groupes et de l'investissement — la série ne permet d'en isoler aucun, et elle traverse les présidences sans rupture.