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Sécurité, justice et défense · 63 € sur 1 000 de dépense publique

Le financement des pompiers : qui paie les SDIS, et combien

Qui paie les services départementaux d'incendie et de secours (SDIS) — départements, communes, intercommunalités, régions, État — et dans quelles proportions, depuis 2012. Paris et Marseille n'ont pas de SDIS : leurs pompiers (BSPP, BMPM) sont des unités militaires, financées autrement — un dossier à part, jamais mêlé au reste.

En bref
3,05 Md€de participations départementales au financement des SDIS2025 · OFGL, comptes des SDIS
831 M€de crédits demandés pour le programme budgétaire « Sécurité civile » (moyens nationaux de l'État, hors SDIS)2025 · projet de loi de finances, Direction du budget

4 textes de cadre · 2 constats d'institutions de contrôle, chacun relu dans sa source.

Les chiffres Carte par département

Qui finance les pompiers : la participation des départements

Combien chaque département verse-t-il à son service départemental d'incendie et de secours (SDIS), par habitant ?

Ain — 55 €Aisne — 53 €Allier — 55 €Alpes-de-Haute-Provence — 67 €Hautes-Alpes — 59 €Alpes-Maritimes — 78 €Ardèche — 68 €Ardennes — 34 €Ariège — 38 €Aube — 30 €Aude — 52 €Aveyron — 40 €Bouches-du-Rhône — 66 €Calvados — 29 €Cantal — 54 €Charente — 51 €Charente-Maritime — 58 €Cher — 47 €Corrèze — 43 €Côte-d'Or — 42 €Côtes-d'Armor — 45 €Creuse — 64 €Dordogne — 51 €Doubs — 55 €Drôme — 50 €Eure — 43 €Eure-et-Loir — 47 €Finistère — 32 €Corse-du-Sud — 151 €Haute-Corse — 152 €Gard — 72 €Haute-Garonne — 41 €Gers — 48 €Gironde — 63 €Hérault — 43 €Ille-et-Vilaine — 29 €Indre — 40 €Indre-et-Loire — 50 €Isère — 46 €Jura — 41 €Landes — 58 €Loir-et-Cher — 58 €Loire — 39 €Haute-Loire — 46 €Loire-Atlantique — 40 €Loiret — 39 €Lot — 47 €Lot-et-Garonne — 54 €Lozère — 64 €Maine-et-Loire — 38 €Manche — 40 €Marne — 34 €Haute-Marne — 56 €Mayenne — 35 €Meurthe-et-Moselle — 32 €Meuse — 44 €Morbihan — 41 €Moselle — 51 €Nièvre — 62 €Nord — 38 €Oise — 40 €Orne — 36 €Pas-de-Calais — 61 €Puy-de-Dôme — 64 €Pyrénées-Atlantiques — 50 €Hautes-Pyrénées — 57 €Pyrénées-Orientales — 72 €Bas-Rhin — 34 €Haut-Rhin — 38 €Rhône (avec Métropole de Lyon) — 13 €Haute-Saône — 44 €Saône-et-Loire — 38 €Sarthe — 41 €Savoie — 82 €Haute-Savoie — 73 €Paris — aucune donnéeSeine-Maritime — 41 €Seine-et-Marne — 84 €Yvelines — 51 €Deux-Sèvres — 50 €Somme — 50 €Tarn — 48 €Tarn-et-Garonne — 40 €Var — 52 €Vaucluse — 67 €Vendée — 66 €Vienne — 32 €Haute-Vienne — 30 €Vosges — 48 €Yonne — 38 €Territoire-de-Belfort — 40 €Essonne — 74 €Hauts-de-Seine — aucune donnéeSeine-Saint-Denis — aucune donnéeVal-de-Marne — aucune donnéeVal-d'Oise — 61 €
Outre-mer
Guadeloupe — 75 €
Guadeloupe75 €
Martinique — aucune donnée
Martiniqueaucune donnée
Guyane — aucune donnée
Guyaneaucune donnée
La Réunion — 77 €
La Réunion77 €
Mayotte — 57 €
Mayotte57 €

Chaque carton a sa propre échelle et sa propre projection : les surfaces ne se comparent pas d'un carton à l'autre, ni à l'hexagone.

€ par habitant 13 € – 38 €39 € – 44 €44 € – 51 €52 € – 63 €64 € – 152 €
Départements couverts
95
Médiane
48 €
Maximum
152 €Haute-Corse
Minimum
13 €Rhône (avec Métropole de Lyon)
OFGL, comptes des SDIS (budget principal uniquement) · 95 départements renseignés · contours : © les contributeurs OpenStreetMap, ODbL 1.0

Un SDIS (service départemental d'incendie et de secours) est un établissement public distinct du département, qui le finance : c'est sa participation obligatoire que cette carte mesure, la première source de financement des SDIS (un peu moins de la moitié de leurs recettes), mais pas la seule — communes, groupements à fiscalité propre et État contribuent aussi (voir la série annuelle ci-dessous, et le dossier pour le détail).

Évolution nationale

Total national versé par les départements à leur SDIS, par an

2012 — 2,43 Md€2013 — 2,47 Md€2014 — 2,50 Md€2015 — 2,45 Md€2016 — 2,45 Md€2017 — 2,44 Md€2018 — 2,46 Md€2019 — 2,48 Md€2020 — 2,53 Md€2021 — 2,59 Md€2022 — 2,71 Md€2023 — 2,85 Md€2024 — 2,96 Md€2025 — 3,05 Md€2,43 Md€3,05 Md€20122025

L'axe part de zéro. La question posée est « combien », pas « quelle variation » : couper le bas de l'échelle ferait d'une hausse de quelques pour cent une falaise.

Comment lire cette carte

Le découpage en classes est un choix. Ce sont des quintiles : chaque classe contient le même nombre de départements, pas la même amplitude de valeurs. Les bornes affichées sont celles des données réelles, pas des nombres ronds inventés.

Une teinte pâle n'est pas une absence. Les départements sans donnée sont dans une couleur à part, hors de la rampe : « aucune donnée » n'est pas « la valeur la plus basse ».

Les cinq départements d'outre-mer ne sont pas sur cette carte. Chacun demande sa propre projection ; les placer dans le repère de l'hexagone leur donnerait une forme et une échelle fausses. Leurs données sont en base.

Contexte

Un SDIS n'est pas un service du département : c'est un établissement public local distinct, avec son propre budget, son propre conseil d'administration — financé PAR les collectivités qui y siègent, sans qu'aucune loi n'oblige à financer à parts égales. La loi fixe le principe (contribution obligatoire des communes et des établissements publics de coopération intercommunale, participation du département), pas le montant : chaque SDIS négocie, année après année, la clé de répartition entre ses financeurs. Ce dossier mesure ce qui en résulte, pas ce que la loi prescrit.

Enjeux

  1. 2024

    256 379 sapeurs-pompiers, aux trois quarts volontaires

    Au 31 décembre 2024 (dernière édition disponible, parue en décembre 2025), la France compte 256 379 sapeurs-pompiers : 43 985 professionnels (SPP, 17 %), 198 918 volontaires (SPV, 78 %) et 13 476 militaires (BSPP et BMPM, 5 %) — auxquels s'ajoutent 11 508 personnels administratifs, techniques et spécialisés (PATS) employés par les SDIS, qui ne sont pas des sapeurs-pompiers.

    officiel DGSCGC, ministère de l'Intérieur · source

  2. 2025

    Un mécanisme réel mais à part : la taxe sur les conventions d'assurance

    La dotation de l'État au BMPM est, à partir de 2025, indexée sur « la dynamique de la taxe spéciale sur les conventions d'assurance prélevée au bénéfice des départements pour le financement des SDIS » — confirmation officielle que cette taxe (TSCA) finance bien les départements au titre de leur contribution aux SDIS, mais aucun jeu de données structuré n'a été trouvé pour en suivre le produit SDIS par SDIS (voir « Ce que les données ne disent pas »).

    officiel Cour des comptes · source

  3. 2026

    Un sapeur-pompier volontaire de 22 ans tué en Savoie — un feu différent, pas celui de Gironde

    Baptiste Gerfaud Valentin, jeune caporal du centre d'incendie et de secours d'Albertville, est mort le 8 juillet 2026, emporté par une chute de bloc rocheux alors qu'il combattait depuis la nuit un feu de forêt à Planay (Savoie), déclaré le 24 juin après un orage sur un terrain difficile d'accès. Un incendie distinct de celui de Gironde, à ne jamais confondre avec lui : même saison, deux événements différents.

    presse Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur · source

  4. 2026

    7 Canadair disponibles sur 12, en pleine saison des feux

    Au plus fort des incendies de Gironde (plus de 42 000 ha brûlés, environ 220 000 personnes évacuées, fin juillet 2026), le ministre de l'Intérieur a annoncé que seuls 7 des 12 Canadair de la flotte française étaient disponibles, les autres étant en maintenance — à l'échelle de la saison, 13 566 départs de feux et 116 085 hectares brûlés ont été recensés en France.

    presse Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur (point de presse sur les incendies) · source

Cadre

  1. 2025

    Le budget du Bataillon de marins-pompiers de Marseille (BMPM)

    Le BMPM, lui non plus, n'est pas un SDIS : en 2022, ses dépenses ont atteint 123,2 M€ en fonctionnement (dont 82 % de personnel) et 24 M€ en investissement — la ville de Marseille assumant « la plus grande partie » de ces deux budgets.

    officiel Cour des comptes · source

  2. 2025

    Qui finance le BMPM : État, département, métropole — hors CAS Pensions

    Hors pensions militaires (CAS Pensions, à part), « près de 40 % du coût » du bataillon est financé par l'État et les collectivités : en 2024, la participation de l'État est passée de 10 à 15 M€, le département verse 10 M€ et la métropole 12,9 M€ — des montants fixés par le code général des collectivités territoriales que la Cour relève comme non indexés, donc en baisse en euros constants.

    officiel Cour des comptes · source

  3. 2025

    Le budget de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) et son financement à quatre

    La BSPP n'est pas un SDIS : ses dépenses (493,4 M€ en 2022, dont 432,7 M€ de fonctionnement) figurent au budget spécial de la préfecture de police de Paris, voté par le Conseil de Paris. C'est un « budget de contributions » auquel participent l'État (sur le seul fonctionnement), la Ville de Paris, les trois départements de la petite couronne et leurs 123 communes, « à hauteur d'environ un quart pour chaque partie prenante ».

    officiel Cour des comptes · source

  4. 2025

    Deux statuts militaires, deux montages financiers différents

    Les sapeurs-pompiers de Paris ont un statut militaire mais sont rémunérés directement sur le budget spécial de la préfecture de police — « à la différence du bataillon de marins-pompiers de Marseille (BMPM) où les militaires sont rémunérés par le ministère des armées », qui se fait ensuite rembourser une partie des rémunérations et des charges sociales par la ville de Marseille.

    officiel Cour des comptes · source

Contrôles et évaluations

  1. 2023

    12 Canadair, 8 Dash, 3 Beechcraft — et un renouvellement sans cesse repoussé

    La flotte française de bombardiers d'eau est composée de 12 avions Canadair CL415, 8 avions Dash et 3 avions Beechcraft King 200. Le président de la République a annoncé, le 28 octobre 2022, que « la flotte vieillissante de 12 Canadair serait intégralement renouvelée, et portée à 16 appareils » ; leur livraison, « aujourd'hui estimée à 2027, mais qui a déjà plusieurs fois été repoussée », dépend d'un constructeur unique (De Havilland Canada) qui a tardé à relancer sa chaîne de production, arrêtée depuis 2015.

    officiel Sénat, commission des finances · source

  2. 2025

    2024 : l'exécution dépasse le vote de 8 à 9 %, portée par l'urgence

    Pour le programme « Sécurité civile », les crédits exécutés en 2024 dépassent ceux votés en loi de finances initiale de 8,7 % en autorisations d'engagement (901,7 M€ votés, 980,5 M€ exécutés) et de 9,3 % en crédits de paiement (880,5 M€ votés, 962,6 M€ exécutés) — un écart que le rapporteur spécial attribue à « d'importants reports de crédits d'investissement de 2023 ainsi qu'à la gestion d'évènements exceptionnels ». Les gels de crédits de l'année ont principalement porté sur l'investissement, « en raison des incertitudes associées aux délais de réalisation du programme d'acquisition d'avions bombardiers d'eau » — un dépassement qui n'est donc pas un surinvestissement choisi, mais la trace comptable d'une année où il a fallu dépenser plus que prévu, notamment sur les moyens aériens.

    officiel Sénat, commission des finances (rapporteur spécial sur la loi de règlement 2024, mission « Sécurités ») · source

Situation chiffrée

Les comptes des 95 SDIS de métropole et d'outre-mer, 2024

Source : OFGL, comptes des SDIS (budget principal uniquement). Un euro versé par un département à son SDIS est déjà compté dans le budget du département : ne jamais additionner ce tableau à un budget départemental, communal ou intercommunal publié par ailleurs.

Qui finance (ou pèse) 2018 2024 évolution
Départements (contribution obligatoire) 2 463,9 M€ 2 962,4 M€ +20,2 %
Groupements à fiscalité propre (EPCI) 1 156,0 M€ 1 570,6 M€ +35,9 %
Communes (hors EPCI) 846,8 M€ 765,3 M€ −9,6 %
Concours de l'État 2,0 M€ 3,3 M€ +65,0 %
Régions 0,1 M€ 0,1 M€ —
Frais de personnel (mémoire) 3 451,5 M€ 4 197,3 M€ +21,6 %
Dépenses totales (mémoire) 4 954,7 M€ 6 193,0 M€ +25,0 %

Trois faits se dégagent de ce tableau, pas une thèse :

  1. Les départements restent, et de loin, le premier financeur — un peu moins de la moitié des recettes totales des SDIS en 2024 (2 962,4 M€ sur 6 173,0 M€ de recettes), conformément à ce que prévoit la loi (la contribution départementale est la seule à être qualifiée d'« obligatoire » par le code général des collectivités territoriales).
  2. Le poids des groupements à fiscalité propre augmente plus vite que celui des communes ne baisse (+414,6 M€ contre −81,5 M€ entre 2018 et 2024) : compatible avec un transfert progressif du « contingent incendie » des communes vers leurs intercommunalités, mais ce tableau seul ne le prouve pas — il faudrait croiser SDIS par SDIS avec BANATIC (le registre des compétences transférées) pour l'établir, un chantier non fait ici.
  3. Le concours direct de l'État aux budgets des SDIS est quasi nul (3,3 M€ sur 6 173,0 M€ de recettes en 2024, soit 0,05 %) — ce qui ne signifie PAS que l'État ne finance pas la sécurité civile : ses moyens nationaux (colonnes de renfort, flotte aérienne de la sécurité civile, formations militaires) relèvent d'un budget séparé, le programme 161 « Sécurité civile », voir ci-dessous.

Le programme budgétaire « Sécurité civile » : les moyens nationaux de l'État

Le programme 161 « Sécurité civile », au sein de la mission « Sécurités » du budget de l'État (aux côtés de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale, suivies dans Le budget de la police nationale, et ce qu'il ne dit pas sur la délinquance), finance les moyens nationaux : colonnes de renfort interdépartementales, flotte d'avions et d'hélicoptères bombardiers d'eau, formations militaires de la sécurité civile (ForMiSC). Ce n'est PAS une subvention aux SDIS : c'est un budget séparé, pour des moyens que la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC) engage directement.

Exercice Crédits de paiement Autorisations d'engagement
PLF 2023 640,6 M€ 1 070,0 M€
PLF 2024 734,6 M€ 686,5 M€
PLF 2025 831,4 M€ 861,0 M€

Montants demandés au projet de loi de finances de chaque année, ni votés ni exécutés — même réserve que partout ailleurs sur ce site (Budget de l'État et budget de la Sécurité sociale : ce que les sources permettent § 2). La ligne 2023 vient d'un jeu de données distinct (plf-2023-credits_destination_nature, schéma propre à cette édition, non chargé dans core.budget_programme — vérifié ponctuellement pour cette seule comparaison, pas intégré au connecteur). +14,7 % puis +13,1 % de crédits de paiement demandés d'une édition à l'autre, une hausse déjà engagée avant l'été 2026 : la section « Contrôles et évaluations » montre que l'exécution 2024 est allée plus loin encore que ce que ce tableau, voté seulement, laisse voir.

Piège de lecture : des écarts par habitant qui ne se lisent pas tous de la même façon

La participation départementale par habitant va, en 2024, de 12,6 €/hab (Rhône) à 152,2 €/hab (Corse-du-Sud) — un rapport de plus de dix pour un, pour une médiane nationale à 46,4 €/hab. Deux lectures très différentes sous le même écart :

  • Corse-du-Sud et Haute-Corse (152,0–152,2 €/hab) : les deux départements les plus chers, cohérent avec un risque incendie de forêt élevé et une population résidente permanente faible au regard du territoire à couvrir — une hypothèse plausible, non démontrée ici faute de série de risque incendie chargée.
  • Rhône (12,6 €/hab, la valeur la plus basse de France) : un département dont le territoire inclut la Métropole de Lyon, une collectivité au statut particulier qui exerce une partie des compétences départementales — un chiffre bas qui reflète probablement un découpage institutionnel (participation portée ailleurs, par la Métropole) plutôt qu'un sous-financement réel du SDIS du Rhône. Non vérifié ici : un chantier séparé consisterait à croiser ce chiffre avec les comptes de la Métropole de Lyon.

Ce que ce dossier n'affirme pas : qu'un euro par habitant plus élevé signifie un meilleur service. Il manque, pour cela, une mesure de l'activité opérationnelle (interventions, délais d'intervention) que ces comptes ne donnent pas — voir « Ce que les données ne disent pas ».

L'été 2026 : quand les moyens ont manqué

Deux événements réels et distincts, jamais mêlés — un feu immense sans mort en Gironde, une mort isolée sur un feu différent en Savoie — qui donnent un visage concret à ce que les tableaux ci-dessus montrent en euros.

Gironde, fin juillet 2026. Plus de 42 000 hectares brûlés, environ 220 000 personnes évacuées, plus de 240 bâtiments détruits et plus de 80 sapeurs-pompiers blessés — le plus vaste feu de forêt en France depuis des décennies. Aucun mort n'y est à déplorer. Au plus fort de l'événement, le ministre de l'Intérieur a lui-même annoncé que seuls 7 des 12 Canadair de la flotte nationale étaient disponibles, les 5 autres étant en maintenance — une pénurie de moyens aériens documentée par l'institution elle-même, pas par la presse seule.

Savoie, 8 juillet 2026 — un feu différent. Baptiste Gerfaud Valentin, 22 ans, jeune caporal du centre d'incendie et de secours d'Albertville, est mort emporté par une chute de bloc rocheux en combattant, de nuit, un feu de forêt à Planay. Ce feu n'a rien à voir avec celui de Gironde : né le 24 juin après un orage sur un terrain difficile d'accès, il s'était intensifié début juillet sous l'effet du vent. Ne jamais citer cette mort comme si elle s'était produite en Gironde : deux incendies, deux lieux, deux dates.

Ce que les contrôles antérieurs avaient déjà signalé. Les deux faits de la section « Contrôles et évaluations » ne sont pas des commentaires a posteriori de l'été 2026 — ils datent de 2023 et de juin 2025, avant les feux de Gironde et de Savoie :

  • Un rapporteur spécial du Sénat relevait, dès 2023, que le renouvellement de la flotte de Canadair promis par le président de la République en 2022 prenait du retard, dépendant d'un constructeur unique dont la chaîne de production était arrêtée depuis 2015 — la livraison « estimée à 2027 » avant même l'été 2026.
  • Le même rapporteur relevait, pour l'exécution 2024 (donc publiée avant l'été 2026), que les crédits d'investissement du programme « Sécurité civile » avaient été gelés « en raison des incertitudes associées aux délais de réalisation du programme d'acquisition d'avions bombardiers d'eau » — puis dégelés en urgence, l'exécution dépassant finalement le vote de 8 à 9 %.

Ce dossier n'affirme pas que le manque de Canadair a causé la mort du sapeur-pompier de Savoie (un feu différent, sans rapport documenté avec la disponibilité de la flotte aérienne) ni qu'il explique à lui seul l'ampleur du feu de Gironde (la météo, la sécheresse et la densité forestière y contribuent aussi, sans série chargée ici pour les départager). Ce qu'il établit, avec des sources officielles antérieures aux faits : le renouvellement de la flotte était en retard documenté avant l'été 2026, et ce retard s'est matérialisé, cet été-là, par une flotte à 58 % de sa capacité nominale au moment où la demande était la plus forte.

Ce que les données ne disent pas

  • Les effectifs de sapeurs-pompiers professionnels, volontaires et militaires, par SDIS et par année. Un seul chiffre national est établi ici (256 379 au 31 décembre 2024, voir « Enjeux »), tiré d'un PDF de la DGSCGC — aucun jeu de données structuré (CSV/XLSX) n'a été identifié au moment de la rédaction, donc aucune série dans le temps ni aucune ventilation par SDIS. Une partie de l'information existe en creux dans les comptes OFGL (une « strate du nombre de SPP et SPM » par SDIS, 2025 seulement, une tranche et non un effectif), insuffisante pour une série.
  • Le lien entre le manque de Canadair documenté et l'ampleur précise du feu de Gironde (été 2026). Que 7 Canadair sur 12 étaient disponibles est un fait établi par le ministre lui-même ; que cette indisponibilité ait aggravé l'ampleur du feu, dans quelle proportion, face à la météo et à la sécheresse, n'est établi par aucune série chargée ici — voir la section « L'été 2026 » pour la réserve complète.
  • Le produit réel de la taxe spéciale sur les conventions d'assurance (TSCA) affecté aux SDIS, département par département. Son existence et son usage sont confirmés par un rapport officiel (voir « Enjeux » ci-dessus), mais aucune série structurée n'a été trouvée pour en suivre le produit par SDIS.
  • L'activité opérationnelle (nombre d'interventions, délais de réponse, nature des interventions — incendies, secours à personne, accidents) : hors champ de ce dossier, qui porte sur le financement, pas sur l'activité.
  • La part du contingent incendie réellement transférée des communes vers leurs intercommunalités, SDIS par SDIS — le tableau national suggère la tendance (§ Situation chiffrée), sans l'établir au niveau fin.
  • Le détail interne du programme budgétaire « Sécurité civile » par destination précise des moyens nationaux (quel équipement, quelle base aérienne) — le jeu de données chargé ne descend qu'au niveau de l'action budgétaire (prévention, moyens nationaux spécialisés, fonctionnement et logistique), pas plus fin.
Sources
  • OFGL (Observatoire des finances et de la gestion publique locales), Comptes des SDIS 2012-2025, data.gouv.fr, Licence Ouverte v2.0.
  • Direction du budget, PLF — dépenses de l'État par mission, programme et action, data.economie.gouv.fr, éditions 2024 et 2025.
  • Cour des comptes, La Brigade de sapeurs-pompiers de Paris, observations définitives, 12 février 2025.
  • Cour des comptes, Le Bataillon de marins-pompiers de Marseille, observations définitives, 12 février 2025.
  • DGSCGC, ministère de l'Intérieur, Les statistiques des services d'incendie et de secours, données au 31 décembre 2023.
  • Sénat, commission des finances, Rapport sur le projet de loi de règlement du budget et d'approbation des comptes de l'année 2024, tome II, annexe 29 (mission « Sécurités »), 18 juin 2025.
  • Sénat, commission des finances, La flotte de bombardiers d'eau de la sécurité civile, rapport n° 838 (2022-2023), 22 juin 2023.
  • CNEWS, 27 juillet 2026 ; France Info, 8 juillet 2026 — sur l'été 2026, voir la réserve de la section dédiée.
  • Le budget de la police nationale, et ce qu'il ne dit pas sur la délinquance, pour la mission « Sécurités » et le piège voté/exécuté.
  • Collectivités : d'où vient l'argent, et ce qu'un euro par habitant ne dit pas, pour la règle commune de ne jamais additionner les niveaux de collectivité.
Annexe technique

Ce qui est chargé

# Source Volume
1 OFGL, comptes des SDIS 95-97 établissements, 2012-2025, 10 agrégats retenus sur la soixantaine publiée
2 Direction du budget, PLF par mission/programme/action (programme « Sécurité civile » seul, filtré dans core.budget_programme) 2 exercices (2024, 2025)
3 Cour des comptes, BSPP et BMPM 2 rapports, faits ponctuels (ref.fait_dossier), pas une série
4 DGSCGC, effectifs sapeurs-pompiers 1 fait ponctuel (ref.fait_dossier), un seul point dans le temps
5 Sénat, exécution 2024 et flotte de Canadair 2 rapports, faits ponctuels (ref.fait_dossier)
6 Presse (CNEWS, France Info), été 2026 2 faits ponctuels, qualité presse (ref.fait_dossier)

Agrégats OFGL retenus (core.collectivite_budget, niveau 'SDIS') : participations des départements/communes/groupements/régions, concours de l'État, frais de personnel, dépenses totales, recettes totales, dépenses d'équipement, encours de dette — budget principal uniquement (cbudg=1), les budgets annexes (écoles départementales, restaurants, téléassistance) ne sont pas chargés.

Non chargé, et pourquoi :

  • Effectifs par type de sapeur-pompier (§ Ce que les données ne disent pas).
  • Produit de la TSCA par SDIS (§ Ce que les données ne disent pas).
  • Les ~50 autres agrégats OFGL publiés pour les SDIS (achats et charges externes, charges financières, FCTVA, subventions d'investissement détaillées par niveau…) : hors du périmètre de ce dossier, qui suit qui finance, pas le détail comptable complet — chargeable sans nouveau connecteur si un chantier futur en a besoin, la table le permet déjà.
Versions
  • Version 2 (13 octobre 2026) : effectifs nationaux (DGSCGC), écart voté/exécuté 2024 et flotte de Canadair (Sénat), section sur l'été 2026 (Gironde, Savoie), retrait du classement complet des 95 départements (la carte et la médiane/max/min suffisent, un classement ordonnait un montage institutionnel, pas un fait).
  • Version 1 (13 octobre 2026) : premier chargement, comptes des SDIS 2012-2025 (OFGL), programme budgétaire « Sécurité civile » (PLF 2024-2025), citations Cour des comptes sur la BSPP et le BMPM.

Page construite depuis le dossier docs/securite-civile-donnees.md (Dossier · version 2 · 13 octobre 2026) et depuis la base : les faits, les crédits et les mentions en séance sont relus à chaque construction du site. Dans la même famille : Police et délinquance Justice Les candidats et la justice : condamnations Violences policières Défense.

Les scrutins ne sont pas encore indexés. L'index couvre les personnes, les partis, les groupes et les référentiels. Code de non-couverture : SEARCH_INDEX_PARTIEL.