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Protection sociale et santé · 571 € sur 1 000 de dépense publique

Répartition de la richesse en France : ce qu'il y a dans le dernier décile

La pauvreté en France : le seuil statistique et les « foyers modestes » montre les déciles de niveau de vie D1 à D9, et laisse le dixième décile délibérément « non borné » : la table source (Insee-Filosofi) ne publie pas de dixième plafond, par construction, puisque rien ne borne le niveau de vie le plus haut. Ce dossier ouvre ce dixième décile — 1 %, 0,1 %, 0,01 % les plus aisés — pour le revenu, puis fait de même pour le patrimoine, une notion distincte que ce dépôt n'additionne jamais au revenu.

En bref

Les chiffres INSEE · FILOSOFI · ENQUÊTE PATRIMOINE

La répartition de la richesse en France : ce qu'il y a dans le dernier décile

Le dixième décile de niveau de vie (les 10 % les plus aisés) n'a pas de plafond — mais à l'intérieur, le 1 %, le 0,1 % et le 0,01 % les plus aisés ne vivent pas la même chose. Ce dossier ouvre ce dixième décile pour le revenu, puis fait de même pour le patrimoine — une notion distincte, jamais additionnée au revenu.

Les seuils au sommet de la distribution de revenu, 2021

Niveau de vie annuel par unité de consommation (Insee-Filosofi) : au-delà de ce seuil, on appartient au groupe indiqué. Même principe que la carte des déciles D1 à D9 du dossier pauvreté : le sommet, lui, n'a pas de plafond connu au-delà de 0,01 %, la barre s'estompe pour le dire plutôt que de s'arrêter net.

10 % les plus aisés — 41 220 €/an41 220 €D91 % les plus aisés — 90 140 €/an90 140 €990,1 % les plus aisés — 234 170 €/an234 170 €99_90,01 % les plus aisés — 850 550 €/an850 550 €99_99Au-delà du 0,01% les plus aisés, aucun seuil publié — le patrimoine et le revenu les plus hauts ne sont pas bornésnon bornéau-delà
Seuil d'appartenance à…Revenu avant redistributionNiveau de vie (après redistribution)Personnes concernées
Médiane (50 %) 24 800 €/an 23 070 €/an 32 752 606
10 % les plus aisés 50 140 €/an 41 220 €/an 6 550 521
1 % les plus aisés 121 370 €/an 90 140 €/an 655 052
0,1 % les plus aisés 332 420 €/an 234 170 €/an 65 505
0,01 % les plus aisés 1 160 070 €/an 850 550 €/an 6 550

Le revenu avant redistribution (avant impôts et prestations sociales) est toujours supérieur au niveau de vie après redistribution, mais l'écart entre les deux ne pèse pas pareil selon le niveau : proportionnellement bien plus réduit par la redistribution pour la médiane que pour le 0,01 % les plus aisés. Ces seuils sont un millésime unique (2021), pas une série. La colonne « personnes concernées » est un ordre de grandeur calculé — le pourcentage du groupe appliqué à la population de France métropolitaine 2021 (65 505 213 personnes, Insee) — pas un chiffre publié directement par Filosofi, dont le champ exact (ménages fiscaux à revenu positif ou nul) est légèrement plus étroit. Le détail, § 1.

La part du revenu captée par le sommet, 2004–2021

Part de la masse des revenus déclarés par unité de consommation. Le 1 % les plus aisés en captaient 6,3 % en 2004, 7,7 % en 2021.

2004 — 6,3 %2005 — 6,5 %2006 — 6,7 %2007 — 6,9 %2008 — 6,9 %2009 — 6,7 %2010 — 6,8 %2011 — 7,0 %2012 — 7,0 %2013 — 6,4 %2014 — 6,5 %2015 — 6,6 %2016 — 6,6 %2017 — 6,6 %2018 — 7,4 %2019 — 7,2 %2020 — 7,1 %2021 — 7,7 %6,3 %7,7 %20042021

Le 0,1 % les plus aisés, à l'intérieur du précédent : de 1,7 % à 2,6 %.

2004 — 1,7 %2005 — 1,8 %2006 — 1,9 %2007 — 2,0 %2008 — 2,0 %2009 — 1,9 %2010 — 2,0 %2011 — 2,1 %2012 — 2,0 %2013 — 1,6 %2014 — 1,7 %2015 — 1,8 %2016 — 1,8 %2017 — 1,8 %2018 — 2,3 %2019 — 2,2 %2020 — 2,2 %2021 — 2,6 %1,7 %2,6 %20042021

Concrètement, en 2021 : il fallait un revenu avant redistribution supérieur à 332 420 €/an par unité de consommation pour appartenir aux 0,1 % les plus aisés, contre 24 800 €/an pour la médiane — 13 fois plus (seuils du § 1 ci-dessus). C'est l'ancrage en euros que les points de pourcentage seuls ne donnent pas : une part qui passe de 1,7 % à 2,6 % se joue entre des revenus de cet ordre, pas entre des abstractions statistiques.

Une rupture de série existe en 2012-2013 (changement de source statistique, Filosofi remplaçant les revenus fiscaux localisés) — la source elle-même la documente, elle n'est pas lissée ici. Le 0,01 % n'a pas de série équivalente : la fiche Insee qui publie ces parts année par année (le tableau ci-dessus) s'arrête au 0,1 %, un cran plus large que le seuil Q99,99 du § 1 — non chargé ici faute d'existence dans cette source, pas par choix. Convertir ces parts en montants cumulés (en milliards d'euros, pour 2004, 2013, 2018, 2021) n'est pas fait ici : cela suppose de connaître la masse totale des revenus déclarés par UC chaque année, une donnée qu'aucune fiche Insee consultée ne publie dans ce champ précis (ménages fiscaux, unité de consommation) — la reconstituer à partir d'un autre agrégat (revenu disponible brut des ménages en comptabilité nationale, par exemple) mélangerait deux notions de revenu différentes, ce que ce dossier évite systématiquement. Le détail, § 2.

Qui capte quoi, 2021

Les quatre groupes ci-dessus, non recouvrants, pour la dernière année de la série — la largeur de chaque segment EST sa part, pour donner à voir d'un coup ce que les courbes montrent dans le temps :

90 % les plus modestes — 71,9 % du revenu, environ 47 098 248 personnes
9 % suivants — 20,4 % du revenu, environ 13 363 063 personnes
0,9 % suivants — 5,1 % du revenu, environ 3 340 765 personnes
0,1 % les plus aisés — 2,6 % du revenu, environ 1 703 135 personnes

Le 100 % de ce diagramme, c'est la masse des revenus déclarés par unité de consommation de l'ensemble de la population (France métropolitaine, ménages fiscaux à revenu positif ou nul) — une masse réelle, mais dont l'Insee ne publie le montant total en euros nulle part dans cette fiche (§ 2 du détail explique pourquoi ce dossier ne le reconstitue pas depuis un autre agrégat). Les effectifs, eux, sont un ordre de grandeur calculé à partir de la population de France métropolitaine 2021, comme au § 1 — pas un chiffre publié directement par la source. Le 0,01 % n'apparaît pas comme cinquième segment : la même fiche qui publie ces quatre parts année par année s'arrête au 0,1 %, sans le sous-diviser — seul son seuil d'entrée (1 160 070 €/an par UC en 2021), pas sa part du revenu, est connu et déjà montré au § 1 ci-dessus.

Le patrimoine des plus hauts patrimoines, 2021

Patrimoine brut (avant déduction des emprunts), France hors Mayotte. Une notion distincte du revenu ci-dessus, jamais additionnée.

TrancheSeuil bas 2021Patrimoine moyen 2021Part de la masse (2021)
Du 90ᵉ au 95ᵉ centile 716 300 € 858 400 € 14 %
Du 95ᵉ au 99ᵉ centile 1 034 600 € 1 434 000 € 18 %
Au-delà du 99ᵉ centile 2 239 200 € 4 869 000 € 15 %

La tranche la plus fine ci-dessus (au-delà du 99ᵉ centile) reste très en-deçà du sommet absolu du patrimoine : selon une estimation de l'économiste Gabriel Zucman, promoteur d'un impôt plancher sur les très hauts patrimoines (« taxe Zucman », débattue à l'Assemblée nationale en 2025), environ 1 800 foyers fiscaux détiendraient un patrimoine net supérieur à 100 millions d'euros en France. Ce chiffre est une estimation d'un auteur engagé dans le débat, pas une statistique officielle Insee ou DGFiP — il n'est pas chargé comme donnée vérifiée dans ce dossier, seulement cité avec son origine précise, pour situer l'ordre de grandeur.

Les trois tranches ci-dessus (10 % des ménages) détiennent à elles seules près de la moitié de la masse de patrimoine brut de l'ensemble des ménages :

Les 10 % de ménages les mieux dotés — 47,1 % du patrimoine brut total
Les 90 % restants — 52,9 % du patrimoine brut total

Comparaison 2015-2021 et composition du patrimoine (financier, immobilier, professionnel) : le détail, § 3.

L'héritage, un facteur d'accès à la richesse

Part des ménages ayant hérité, ou reçu une donation, au moins une fois au cours de leur vie (Insee, enquête Histoire de vie et Patrimoine 2020-2021) :

62 % des ménages à haut patrimoine et haut niveau de vie ont hérité Contre 39 % de l'ensemble des ménages.
43 % ont reçu une donation Contre 18 % de l'ensemble des ménages.

Cette mesure compte les ménages concernés, pas la part de leur richesse qui provient de l'héritage — une question différente, sur laquelle ce dossier n'a pas trouvé de mesure officielle chiffrée pour la France. Le détail, § 4.

Patrimoine contre revenu : deux concentrations très différentes

Le patrimoine et le niveau de vie, mesurés par le même indicateur (indice de Gini, 0 = égalité parfaite, 1 = concentration totale) sur la même population, 2021 :

0,645 Indice de Gini du patrimoine brut
0,294 Indice de Gini du niveau de vie

La courbe de Lorenz est la façon la plus reconnue de montrer une concentration : population cumulée en abscisse, masse détenue cumulée en ordonnée. Plus une courbe s'écarte de la diagonale (l'égalité parfaite), plus la concentration est forte — celle du patrimoine s'en écarte bien davantage que celle du niveau de vie :

0% des ménages, 0,0% de la masse20% des ménages, 0,3% de la masse40% des ménages, 3,0% de la masse50% des ménages, 7,5% de la masse80% des ménages, 35,3% de la masse90% des ménages, 52,9% de la masse100% des ménages, 100,0% de la masse0% des ménages, 0,0% de la masse20% des ménages, 8,6% de la masse40% des ménages, 22,4% de la masse50% des ménages, 30,7% de la masse80% des ménages, 61,8% de la masse90% des ménages, 75,7% de la masse100% des ménages, 100,0% de la masse0100%100%0

Patrimoine brut Niveau de vie Égalité parfaite

Position dans la distributionMasse de patrimoine détenueMasse de niveau de vie détenue
Inférieure au 2e décile 0,3 % 8,6 %
Inférieure au 4e décile 3,0 % 22,4 %
Inférieure au 5e décile (médiane) 7,5 % 30,7 %
Supérieure au 5e décile (médiane) 92,5 % 69,3 %
Supérieure au 8e décile 64,7 % 38,2 %
Supérieure au 9e décile 47,1 % 24,3 %

Les ménages classés par patrimoine et ceux classés par niveau de vie ne sont pas nécessairement les mêmes ménages : les deux distributions sont mesurées séparément, pas croisées. Le détail, § 5.

Cette page reprend le dossier répartition de la richesse : chaque chiffre y est vérifié par une requête directe, avec ses réserves. Voir aussi le dossier pauvreté, sur l'autre bout de la même distribution.

Cadre

  • Revenu et patrimoine mesurent deux choses différentes, jamais additionnées ici. Le revenu est un flux (ce qui entre chaque année) ; le patrimoine est un stock (ce qui est détenu à un instant donné). Un ménage peut avoir un revenu modeste et un patrimoine élevé (un retraité propriétaire sans emprunt), ou l'inverse (un jeune cadre bien payé, encore endetté). Les deux sections de ce dossier ne se recoupent pas et ne doivent pas être lues comme deux mesures d'une même chose.
  • « Avant redistribution » et « niveau de vie » ne sont pas le même revenu. Le revenu avant redistribution est mesuré avant impôts et prestations sociales ; le niveau de vie, après. Classer les ménages selon l'un ou l'autre ne donne pas exactement le même classement — la note Insee source le signale explicitement (§ 1).
  • Le patrimoine chargé ici est BRUT, avant déduction des emprunts (crédits immobiliers en cours notamment). Un patrimoine brut élevé ne dit rien du patrimoine net une fois la dette déduite — non chargé dans ce dossier.

Situation chiffrée

1. Les seuils au sommet de la distribution de revenu, 2021

Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA (Filosofi), fiche « Très hauts revenus », dans Les revenus et le patrimoine des ménages, édition 2024. France métropolitaine, ménages fiscaux à revenu déclaré positif ou nul. Montants annuels par unité de consommation (UC) :

Seuil d'appartenance à… Revenu avant redistribution Niveau de vie (après redistribution) Rapport
La médiane (50 %) (D5) 24 800 € 23 070 € 93 %
10 % les plus aisés (D9) 50 140 € 41 220 € 82 %
1 % les plus aisés (Q99) 121 370 € 90 140 € 74 %
0,1 % les plus aisés (Q99,9) 332 420 € 234 170 € 70 %
0,01 % les plus aisés (Q99,99) 1 160 070 € 850 550 € 73 %

Ce tableau ouvre exactement le trou que le dossier pauvreté laisse ouvert : entre le neuvième décile (D9, 41 220 €/an de niveau de vie) et le dixième, non borné, il y a un facteur supérieur à 20 jusqu'au seuil du 0,01 % les plus aisés (850 550 €/an) — un écart que la seule mention « non borné » ne donne pas à voir.

Un seul millésime (2021), pas une série : contrairement au § 2, cette fiche ne publie ces seuils précis que pour une année. Une série plus longue existerait peut-être dans d'autres publications Insee, non identifiée à ce jour.

2. La part du revenu captée par le sommet, 2004-2021

Même source, tableau complémentaire — une vraie série celle-ci, sur la part de la masse des revenus déclarés par UC :

Année 90 % les plus modestes 9 % suivants 0,9 % suivants 0,1 % les plus aisés (mémo) 1 % les plus aisés
2004 73,0 % 20,7 % 4,6 % 1,7 % 6,3 %
2012 72,5 % 20,5 % 5,0 % 2,0 % 7,0 %
2013 73,2 % 20,4 % 4,8 % 1,6 % 6,4 %
2021 71,9 % 20,4 % 5,1 % 2,6 % 7,7 %

Les quatre premières colonnes se somment à 100 %, sans se recouper ; la cinquième (« 1 % les plus aisés ») est la somme des deux précédentes, gardée telle que la source la publie plutôt que recalculée.

Deux ruptures de série, documentées par l'Insee elle-même, pas lissées ici :

  1. 2012 : la source change (Filosofi remplace les revenus fiscaux localisés).
  2. 2013 : la mesure du revenu dans Filosofi devient plus complète (majorations de pension pour trois enfants ou plus, avantage en nature de la complémentaire santé employeur, minimum vieillesse couvrant désormais toutes les caisses).

Ce que la série montre, sans qu'aucune lecture ne soit forcée : la part du 1 % les plus aisés passe de 6,3 % (2004) à 7,7 % (2021), celle du 0,1 % de 1,7 % à 2,6 % — une hausse sur la période, avec un point bas en 2013 (rupture de série) et une accélération après 2018. La part des 90 % les plus modestes baisse d'autant, mécaniquement (les colonnes somment à 100 %).

Un ancrage en euros, pour 2021 (le seul millésime où le § 1 donne des seuils réels) : appartenir aux 0,1 % les plus aisés en 2021 supposait un revenu avant redistribution supérieur à 332 420 € par UC et par an, contre 24 800 € pour la médiane (D5) — treize fois plus (§ 1). C'est ce à quoi renvoient concrètement les 2,6 points de pourcentage ci-dessus : un écart de revenu par personne, pas seulement un écart de part.

Convertir ces parts en montants cumulés (milliards d'euros captés par le 1 % ou le 0,1 %, pour 2004, 2013, 2018 et 2021) n'est délibérément pas fait ici. Cela suppose de connaître la masse totale des revenus déclarés par UC, chaque année, dans le même champ que cette série (ménages fiscaux à revenu positif ou nul, France métropolitaine) — masse qu'aucune fiche Insee consultée (RPM2024-F10, ni les séries longues « Niveau de vie et revenu disponible » 1996-2021, insee.fr/fr/statistiques/7766283) ne publie directement à ce niveau. Le seul agrégat de masse disponible en routine est le revenu disponible brut des ménages (comptabilité nationale) — une notion différente (par ménage, pas par UC ; après redistribution ; un champ plus large que les seuls ménages fiscaux) que multiplier par ces pourcentages mélangerait deux concepts de revenu distincts, ce que ce dossier évite systématiquement (§ 5 applique la même prudence entre patrimoine et niveau de vie). Si une source publie un jour la masse des revenus déclarés par UC dans ce champ précis, la conversion en euros cumulés pourra être ajoutée sans reconstruction approximative.

3. Le patrimoine des plus hauts patrimoines, 2015 et 2021

Insee, enquêtes Patrimoine 2014-2015 et Histoire de vie et Patrimoine 2020-2021, fiche « Les hauts patrimoines ». Patrimoine brut (avant déduction des emprunts), France hors Mayotte, ménages en logement ordinaire :

Tranche Seuil bas 2015 Seuil bas 2021 Moyen 2015 Moyen 2021 Part de la masse (2021)
Du 90ᵉ au 95ᵉ centile 633 900 € 716 300 € 769 300 € 858 400 € 14 %
Du 95ᵉ au 99ᵉ centile 952 700 € 1 034 600 € 1 308 100 € 1 434 000 € 18 %
Au-delà du 99ᵉ centile 2 076 500 € 2 239 200 € 4 534 600 € 4 869 000 € 15 %

La tranche la plus fine ci-dessus (au-delà du 99ᵉ centile, patrimoine moyen 4,87 M€ en 2021) reste très en-deçà du sommet absolu. Selon une estimation de l'économiste Gabriel Zucman, promoteur d'un impôt plancher sur les très hauts patrimoines (« taxe Zucman », débattue à l'Assemblée nationale en 2025), environ 1 800 foyers fiscaux détiendraient en France un patrimoine net supérieur à 100 millions d'euros. Ce chiffre est l'estimation d'un auteur engagé dans le débat sur cette proposition, pas une statistique officielle Insee ou DGFiP — il n'est pas chargé comme donnée vérifiée dans ce dossier (aucune table core.patrimoine_haut ne descend à ce niveau de finesse), seulement cité ici avec son origine précise pour donner un ordre de grandeur au lecteur.

Les 10 % de ménages les plus fortunés (les trois tranches ci-dessus) détiennent 47 % de la masse de patrimoine brut de l'ensemble des ménages en 2021 — patrimoine moyen 1 492 000 €, contre 858 400 € pour le seul dixième inférieur de ce groupe (90ᵉ-95ᵉ centile).

Composition du patrimoine, 2021 (même fiche, Figure 3) — la part professionnelle grimpe fortement au sommet, la part immobilière recule d'autant :

Tranche Financier Immobilier Professionnel Résiduel
Du 90ᵉ au 95ᵉ centile 20,4 % 66,2 % 8,5 % 4,9 %
Du 95ᵉ au 99ᵉ centile 22,2 % 59,3 % 13,9 % 4,5 %
Au-delà du 99ᵉ centile 26,9 % 36,2 % 34,4 % 2,5 %

La part de masse 2015 n'est pas publiée par la source : seule 2021 a cette colonne. La comparaison 2015→2021 se limite donc aux seuils et moyennes, pas à la part de masse détenue.

4. L'héritage, un facteur d'accès à la richesse

Insee, « France, portrait social », édition 2025, Éclairage 3, Figures 7a et 7b — enquête Histoire de vie et Patrimoine 2020-2021. Part des ménages ayant hérité (ou reçu une donation) au moins une fois au cours de leur vie :

Catégorie de ménage A hérité (tous âges) A reçu une donation (tous âges)
Ensemble des ménages 38,9 % 17,9 %
Haut patrimoine et haut niveau de vie 62,4 % 43,1 %

À âge égal, l'écart persiste — ce n'est pas un simple effet d'âge (les ménages aisés étant en moyenne plus âgés, donc ayant eu plus de temps pour hériter) : parmi les 40-59 ans, 48,7 % des ménages à haut patrimoine et haut niveau de vie ont hérité contre 32,5 % de l'ensemble des ménages du même âge ; parmi les 60 ans ou plus, 80,2 % contre 57,9 %.

Ce que cette mesure ne dit pas : la part des MÉNAGES ayant hérité n'est pas la part de leur RICHESSE qui provient de cet héritage — un ménage peut avoir hérité une somme modeste et avoir construit l'essentiel de son patrimoine autrement, ou l'inverse. Une littérature académique française (Garbinti, Goupille-Lebret et Piketty, notamment) mesure la part de la richesse totale française qui provient de l'héritage plutôt que de l'épargne, avec une hausse documentée sur longue période — mais ce dépôt n'a pas pu, à ce stade, extraire du texte de ces travaux un chiffre unique et non ambigu directement vérifiable (plusieurs résumés de presse citent des chiffres différents pour la même statistique). Non chargé tant que ce chiffre n'a pas été fixé sur la source primaire elle-même.

5. Patrimoine contre revenu : deux concentrations très différentes

Même fiche, Encadré Figure — patrimoine (enquête Histoire de Vie et Patrimoine 2020-2021) et niveau de vie (enquête Revenus fiscaux et sociaux 2021), 2021 :

Position dans la distribution Masse de patrimoine détenue Masse de niveau de vie détenue
Inférieure au 2ᵉ décile 0,3 % 8,6 %
Inférieure au 4ᵉ décile 3,0 % 22,4 %
Inférieure au 5ᵉ décile (médiane) 7,5 % 30,7 %
Supérieure au 5ᵉ décile (médiane) 92,5 % 69,3 %
Supérieure au 8ᵉ décile 64,7 % 38,2 %
Supérieure au 9ᵉ décile 47,1 % 24,3 %
Indice de Gini 0,645 0,294

Le patrimoine est structurellement bien plus concentré que le revenu : les 10 % de ménages les mieux dotés en patrimoine en détiennent 47,1 % de la masse totale, contre 24,3 % pour les 10 % les plus aisés en niveau de vie — un rapport de deux, cohérent avec l'écart entre les deux indices de Gini (0,645 contre 0,294). Les ménages classés d'un côté ne sont pas nécessairement les mêmes que ceux classés de l'autre : la source le précise explicitement, les deux distributions sont mesurées séparément.

Ce que les données ne disent pas

6. Ce qui reste hors de portée

  • Le patrimoine NET (après déduction des emprunts) des hauts patrimoines — seul le patrimoine brut est chargé ici. Un ménage récemment endetté pour un investissement professionnel peut avoir un patrimoine brut élevé et un patrimoine net bien moindre.
  • Le patrimoine des ménages sous le 90ᵉ centile, la distribution complète — l'enquête Patrimoine la publie par ailleurs (fichiers hvp_* sur insee.fr), non chargée dans ce dossier, qui se concentre sur le haut de la distribution en miroir du dossier pauvreté sur le bas.
  • Le patrimoine des plus grandes fortunes françaises (classements type Forbes) — hors du champ des enquêtes statistiques par sondage (trop rares dans l'échantillon pour être mesurées précisément), et hors du champ de ce dossier, qui ne charge que des sources statistiques officielles.
  • L'impôt sur la fortune immobilière (IFI) : la DGFiP publie des bulletins annuels (~193 600 foyers imposables en 2025, 2,3 Md€ de recettes) mais aucun fichier structuré national par tranche de patrimoine n'a été trouvé — seul un jeu par collectivité territoriale existe sur data.gouv.fr (Licence Ouverte), limité aux communes de plus de 20 000 habitants comptant plus de 50 redevables, donc un découpage géographique, pas un découpage par tranche. Chiffres cités, non chargés.
  • Les séries de parts de patrimoine dans le temps (l'équivalent du § 2 pour le patrimoine, pas seulement le revenu) — non identifiées à ce jour dans les publications Insee ouvertes.
  • Le World Inequality Database (WID.world), la référence académique internationale sur les très hauts revenus et patrimoines, publie des séries plus longues et plus fines (centile par centile). Son accès programmatique n'est pas un point d'accès public simple : il passe par un outil R ou Stata dédié, ou par le téléchargement manuel depuis le site — non chargé dans ce dossier, qui s'appuie sur les fiches Insee directement téléchargeables en Excel.
  • Les droits de succession et de donation : la DGFiP publie un montant agrégé (20,9 Md€ de recettes en 2024, bulletin statistique n° 43) mais ce dossier n'a pas confirmé l'existence d'un fichier structuré téléchargeable ventilant ce montant par tranche de succession. Le Conseil d'analyse économique (note n° 69, « Repenser l'héritage », décembre 2021) cite un héritage médian de vie d'environ 70 000 € pour la moitié la moins dotée des Français contre plus de 500 000 € pour les 10 % les mieux dotés — chiffre repéré, pas vérifié sur le document source lui-même à ce stade, donc non repris dans le corps du dossier.
Sources
  • Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Les revenus et le patrimoine des ménages, édition 2024, fiche « Très hauts revenus » (§ 1-2).
  • Insee, enquêtes Patrimoine 2014-2015 et Histoire de vie et Patrimoine 2020-2021, fiche « Les hauts patrimoines », même édition (§ 3).
  • Insee, « France, portrait social », édition 2025, Éclairage 3 « Les ménages à haut patrimoine et haut niveau de vie » (§ 4-5).
  • DGFiP, statistiques annuelles de l'impôt sur la fortune immobilière (citation, § 6).
  • Conseil d'analyse économique, note n° 69 « Repenser l'héritage », décembre 2021 (citation non vérifiée sur document primaire, § 6).
  • La pauvreté en France : le seuil statistique et les « foyers modestes », pour les déciles D1 à D9 et les seuils de pauvreté, sur l'autre bout de la même distribution.
Glossaire
terme sens
UC unité de consommation — le revenu du ménage ramené à sa taille (1 pour le premier adulte, 0,5 par adulte supplémentaire, 0,3 par enfant de moins de 14 ans)
Centile un centième de la population, classée du niveau de vie ou du patrimoine le plus bas au plus haut — un décile regroupe dix centiles
Patrimoine brut l'ensemble des actifs détenus, avant déduction des emprunts en cours
Revenu avant redistribution le revenu avant impôts directs et prestations sociales
Annexe technique

7. Ce qui est chargé

# Source Table Volume
1 Insee-Filosofi, fiche « Très hauts revenus », seuils core.filosofi_haut_revenu 5 seuils, 2021
2 Insee-Filosofi, fiche « Très hauts revenus », série de parts core.revenu_part_groupe 5 groupes × 18 années, 2004-2021
3 Insee, fiche « Les hauts patrimoines » core.patrimoine_haut 3 tranches × 2 années, 2015 et 2021
4 Insee, « France, portrait social » 2025, héritage et donation core.menage_heritage 4 catégories × 3 tranches d'âge
5 Insee, même édition, concentration patrimoine/niveau de vie core.concentration_patrimoine_niveau_vie, core.gini_patrimoine_niveau_vie 6 positions + 2 indices de Gini, 2021
Versions
  • Version 1 (16 septembre 2026) : premier chargement — seuils de revenu 2021 (D5 à Q99,99), série de parts du revenu 2004-2021, patrimoine des hauts patrimoines 2015-2021 (seuils, moyennes, composition). Conçu comme le prolongement du dossier pauvreté à l'intérieur du dixième décile, non borné par construction dans ce dernier.
  • Version 2 (16 septembre 2026) : ajout de l'héritage comme facteur d'accès à la richesse (§ 4 — les ménages aisés ont deux fois plus souvent hérité, à âge égal) et de la comparaison directe patrimoine/niveau de vie par indice de Gini et par décile (§ 5) — le patrimoine est structurellement deux fois plus concentré que le revenu en France.

Page construite depuis le dossier docs/repartition-richesse-donnees.md (Dossier · version 2 · 16 septembre 2026) et depuis la base : les faits, les crédits et les mentions en séance sont relus à chaque construction du site. Dans la même famille : Retraites Santé et hôpitaux Chômage Pauvreté Sécurité sociale Cotisations et droits.

Les scrutins ne sont pas encore indexés. L'index couvre les personnes, les partis, les groupes et les référentiels. Code de non-couverture : SEARCH_INDEX_PARTIEL.