Aller au contenu
faits-politiques.fr

AccueilSujetsTerritoires, logement et environnementEau

Territoires, logement et environnement · 43 € sur 1 000 de dépense publique

Bassins versants : la gouvernance de l'eau qui existe déjà

Comment la gestion de l'eau est-elle organisée en France, à quelle échelle, et par qui ? Le dossier décrit l'architecture qui existe — comités de bassin, agences de l'eau, compétence GEMAPI des intercommunalités — avant d'en montrer la carte. Il ne plaide pour aucune réforme : la gestion par bassin coexiste avec les collectivités depuis la loi sur l'eau de 1964.

En bref

1 texte de cadre · 1 constat d'institutions de contrôle, chacun relu dans sa source.

Contexte

Dans les comptes rendus de séance de l'Assemblée nationale chargés (du 18 juillet 2024 au 21 juillet 2026), les interventions qui emploient les mots du dossier :

« agences de l'eau »12057 orateurs
« GEMAPI »3828 orateurs

Interventions en séance publique de l'Assemblée nationale qui emploient ces mots. Une mention ne dit pas la position de l'orateur.

Enjeux

  1. 2023

    « L'urgence d'agir pour nos usages, nos territoires et notre environnement »

    Intitulé de la mission d'information du Sénat de 2023, qui place la gouvernance de l'eau en tête de ses propositions.

    officiel Sénat, mission d'information sur la gestion durable de l'eau · source

Cadre

  1. 2014

    La loi MAPTAM, qui crée la compétence GEMAPI

    Son article 56 organise la compétence de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations (GEMAPI).

    officiel Parlement (loi n° 2014-58) · source

1. Ce qui existe déjà : quatre niveaux de responsabilité sur l'eau

1.1 Les comités de bassin et les agences de l'eau

Six agences de l'eau, établissements publics de l'État, chacune adossée à un comité de bassin qui vote son programme pluriannuel et ses taux de redevance : Adour-Garonne, Artois-Picardie, Loire-Bretagne, Rhin-Meuse, Rhône-Méditerranée-Corse, Seine-Normandie. Six agences, pas sept : la Corse constitue un bassin hydrographique distinct (§ 3) mais est rattachée à l'agence Rhône-Méditerranée pour sa gestion administrative — la carte des bassins et la carte des agences ne se superposent pas exactement, un premier exemple du type de nuance que ce dossier documente plutôt que d'aplanir.

Leur financement suit le principe pollueur-payeur/préleveur-payeur : elles perçoivent des redevances auprès de tous les usagers de l'eau (ménages via leur facture, industriels, agriculteurs) et les reversent sous forme d'aides aux collectivités, aux acteurs économiques et agricoles. Le 12ᵉ programme d'intervention (2025-2030) prévoit plus de 13 Md€ d'aides sur la période, de l'ordre de 2 Md€ par an — un montant identifié par cette note, pas encore chargé en base sous forme de série vérifiable (§ 5).

1.2 GEMAPI : une compétence obligatoire des intercommunalités depuis 2018

La gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations (GEMAPI) est une compétence exclusive et obligatoire du bloc communal, transférée de plein droit aux EPCI à fiscalité propre depuis le 1er janvier 2018 (loi MAPTAM du 27 janvier 2014, date d'entrée en vigueur reportée par la loi NOTRe du 7 août 2015). Elle recouvre quatre missions précises du code de l'environnement (L. 211-7) : aménagement d'un bassin, entretien des cours d'eau, défense contre les inondations et la mer, protection des écosystèmes aquatiques.

Déjà mesurable dans la base de ce projet : cette série dénombre entre 1 652 et 1 690 groupements (EPCI à fiscalité propre et syndicats délégataires, selon la mission précise) qui portent au moins l'un de ces quatre items — la première fois que ce projet chiffre la compétence GEMAPI plutôt que de la décrire en principe.

Une compétence qui se délègue : un EPCI peut transférer tout ou partie de la GEMAPI à un syndicat mixte constitué à l'échelle d'un bassin versant — un EPTB (établissement public territorial de bassin, à l'échelle d'un grand bassin) ou un EPAGE (établissement public d'aménagement et de gestion de l'eau, à l'échelle d'un sous-bassin). C'est le mécanisme concret par lequel la logique de bassin s'insère dans le découpage communal/ intercommunal sans le remplacer : l'EPCI reste titulaire de la compétence, il en confie l'exercice à une structure dont le périmètre suit le relief et l'hydrographie, pas les limites administratives.

1.3 Ce qui reste aux communes, départements et régions

L'eau potable et l'assainissement restent des compétences historiquement communales, en transfert progressif vers les EPCI depuis les lois NOTRe et Engagement et proximité — un mouvement distinct de la GEMAPI, qui suit son propre calendrier. Départements et régions interviennent par le financement (aides à l'assainissement, contrats de bassin) plutôt que par l'exercice direct d'une compétence eau.

Les schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE, à l'échelle du grand bassin, élaborés par le comité de bassin) et les schémas d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE, à l'échelle locale) fixent les objectifs que ces différents niveaux doivent respecter, sans être eux-mêmes une nouvelle strate de collectivité.

2. Résumé : quatre logiques territoriales qui coexistent déjà

Échelle Acteur Ce qu'il fait
Grand bassin Comité de bassin / agence de l'eau Redevances, aides, SDAGE
Sous-bassin ou groupement EPTB / EPAGE (délégataires) Exercice délégué de la GEMAPI
Intercommunalité EPCI à fiscalité propre Titulaire de la GEMAPI depuis 2018
Commune Commune (ou EPCI par transfert) Eau potable, assainissement

Cette superposition n'est pas un enchevêtrement accidentel : chaque niveau répond à une question différente (qui finance, qui aménage, qui distribue), et existe depuis des dates différentes (agences de l'eau : 1964 ; GEMAPI : 2018 ; transfert eau/assainissement : en cours). La documenter ainsi, c'est répondre à la question posée par ce dossier — une gouvernance par bassin existe déjà — pas suggérer qu'il en faudrait une nouvelle.

Contrôles et évaluations

  1. 2023

    53 propositions, dont une taxe GEMAPI mutualisée à l'échelle du bassin versant

    La mission propose notamment de renforcer la gouvernance par bassin et de mutualiser une fraction de la taxe GEMAPI sur l'ensemble du bassin versant pour les intercommunalités aux ressources faibles.

    officiel Hervé Gillé, Sénat, mission d'information sur la gestion durable de l'eau (rapporteur) · source

Situation chiffrée

3. La carte : sept bassins hydrographiques, un découpage qui ignore les frontières administratives

Cette série (nouveau, cette note) : les sept bassins hydrographiques de France métropolitaine (BD Topage 2025, Sandre/IGN) — les six bassins des agences de l'eau plus la Corse, distincte hydrographiquement mais rattachée administrativement à Rhône-Méditerranée (§ 1.1) :

Bassin Superficie (km²)
Loire-Bretagne 156 921
Rhône-Méditerranée 121 750
Adour-Garonne 117 681
Seine-Normandie 94 658
Rhin-Meuse 31 405
Artois-Picardie 19 846
Corse 8 724

Ce découpage ne suit aucune limite administrative : le bassin Loire-Bretagne, le plus vaste, traverse une douzaine de régions et départements actuels. C'est le fait cartographique central de ce dossier — une carte des bassins superposée à celle des régions montre deux logiques de zonage qui ne se sont jamais alignées, chacune légitime pour ce qu'elle mesure (le relief et l'écoulement de l'eau, d'un côté ; l'organisation politico-administrative, de l'autre).

Hors métropole : le fichier source (millésime 2025) ne couvre que la France métropolitaine — les bassins d'outre-mer (chacun rattaché à un office de l'eau local plutôt qu'à une agence) ne sont pas chargés à ce stade.

Ce que les données ne disent pas

4. Ce qui reste hors de portée de cette première version

  • Les tracés fins des sous-bassins et du réseau hydrographique (rivières, affluents) : BD Topage les publie séparément, à une résolution bien supérieure aux sept polygones chargés ici — non chargés, le sujet de ce dossier étant la gouvernance par grand bassin, pas la cartographie hydrographique détaillée.
  • Le périmètre exact des EPTB et EPAGE : identifiés comme mécanisme (§ 1.2), mais leurs contours propres ne sont pas chargés — seule la compétence GEMAPI par EPCI l'est.
  • Le montant réel des redevances et aides par agence (§ 1.1) : le chiffre national (« 12ᵉ programme, plus de 13 Md€ sur 2025-2030 ») vient d'une source secondaire, pas d'un jeu de données chargé en base — à faire si ce dossier est approfondi.
  • Les bassins d'outre-mer (§ 3).
Sources
  • Sandre (Service d'administration nationale des données et référentiels sur l'eau) / IGN-OFB, BD Topage — Bassins hydrographiques, millésime 2025.
  • Légifrance, Code de l'environnement, article L. 211-7 (compétence GEMAPI).
  • Légifrance, Code général des collectivités territoriales, article L. 5216-5 et loi n° 2014-58 du 27 janvier 2014 (MAPTAM).
  • Assemblée nationale, Annexe au projet de loi de finances — Agences de l'eau, édition 2025.
  • docs/ecologie-donnees.md, pour la fiscalité écologique et le budget vert — des prélèvements distincts des redevances d'agence de l'eau décrites ici.
Versions
  • Version 2 (15 septembre 2026) : plan commun des dossiers ; cadre et contrôle sourcés (loi MAPTAM, mission d'information du Sénat de 2023).
  • Version 1 (14 septembre 2026) : architecture de la gouvernance de l'eau et carte des bassins hydrographiques.

Page construite depuis le dossier docs/bassins-versants-donnees.md (Dossier · version 2 · 15 septembre 2026) et depuis la base : les faits, les crédits et les mentions en séance sont relus à chaque construction du site. Dans la même famille : Collectivités Logement et territoires Outre-mer Écologie et climat.

Les scrutins ne sont pas encore indexés. L'index couvre les personnes, les partis, les groupes et les référentiels. Code de non-couverture : SEARCH_INDEX_PARTIEL.